J’arrive à la gare d’Aurangabad à 4 heures du matin après avoir dormi 6 heures à tout casser.

Je trouve un hôtel simple mais avec de grandes chambres aérées et y dépose mon sac.

Je suis un peu dans le pâté mais comme Ajanta est fermé demain et Ellora après-demain, je décide d’optimiser mes visites. De plus, les guides conseillent d’arriver à Ajanta pour l’ouverture à 9h du matin afin d’éviter la foule des touristes, le site étant à 2h30 de route d’Aurangabad et étant réveillée à 4h30, autant y aller aujourd’hui. Cela me permettra de faire la grasse matinée demain.

Je prends un auto partagé pour la gare des bus et de la, très facilement un bus pour Ajanta. Un peu plus de 2 h de trajet plus tard, j’arrive sur le site.

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Celui-ci est constitué de 30 grottes richement peintes et sculptées. Bon, elles le furent (pour les peintures tout du moins) mais comme personne n’a réellement travaille à les préserver, celles-ci s’oxydent peu à peu et/ou s’abiment avec e passage du temps.

L’endroit a été découvert en 1819 par des soldats anglais lors d’une partie de chasse. C’était un ensemble de temples bouddhistes fréquentés par des marchands durant la période Gupta, l’une des grandes périodes de l’art classique en Inde. Ceux-ci sont repartis en fer à cheval au fond d’un petit cirque à la végétation luxuriante et au bas duquel coule une rivière.

Je visite les grottes une à une. Les fresques sont superbes. Parfois, je peux en profiter seule durant de nombreuses minutes.

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Les peintures décrivent les jataka, les 547 vies antérieures de Bouddha. Cette succession de vies et de renaissance est le produit du karma, c’est-à-dire tout ce que l’on fait au cours d’une existence et qui s’accumule au cours des existences successives. A la mort, ce n’est pas l’âme qui se sépare du corps pour aller s’incarner mais les cinq composants qui constituent chaque être : corps et sensations, notion et réaction de volonté, connaissances) qui se désagrègent pour se recombiner en un être neuf (animal, homme ou dieu) dont la destinée sera déterminée par le karma de ses vies antérieures. Si le prince Siddhârta est devenu Bouddha, c’est  l’issue de ce long parcours des renaissances qui firent de lui tour à tour un lion ou un lapin, un naga ou un génie, un brahmane ou un roi. Ce sont ces jataka que représentent la plupart des peintures bouddhistes.

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Nous sommes une trentaine sur l’ensemble du site durant les deux premières heures. Puis d’autres visiteurs commencent à arriver mais comme j’ai de l’avance sur les visites, j’ai tout de même les dernières grottes pratiquement pour moi. Je reprends le chemin du retour et croise les larges groupes arrives à 12h30. Je suis bien contente d’avoir pu profiter de cet endroit magnifique en toute quiétude.

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J’arrive à Aurangabad à 15h30 et je trouve un petit restaurant végétarien (fully veg, c’est-à-dire qui n’utilise aucun produit animal sauf le lait, i.e. pas d’œufs) délicieux et bon marche. Leurs chapatis, faites avec de la levure intégrale sont denses, moelleuses et délicieuses. Les meilleures qu’il m’ait été donné de manger en Inde.

Je vais me coucher pour une sieste réparatrice qui dure 4 bonnes heures. Je me réveille, me connecte au wifi de l’hôtel pour acheter en ligne mon abonnement à la saison 2013/2014 du Théâtre de la Colline (eh oui, il faut penser au retour…), hésite pour Pleyel (vraiment très cher et l’abonnement n’offre que 10% de réduction sur le prix des places), déguste une mangue et me recouche pour une longue nuit.

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