Le contrôleur me réveille vers les 5h. Surprise, le train va arriver à l’heure Jodhpur. Mince ! Je comptais sur une ou deux heures de retard pour dormir un peu…

Arrivée à 5h20 donc. La tête enfarinée, je décide de m’asseoir 10mn sur un banc de la gare histoire de reprendre mes esprits avant d’aller affronter les terribles conducteurs d’autorickshaw.

Je sors, et la, bonne surprise, je n’ai pas 5 gars qui me sautent dessus. J’avance vers les rickshaw et si certains m’abordent, ils sont plutôt gentils. Je négocie un trajet à 40 roupies (trop cher mais bon, il est tôt) et le gars non seulement m’accompagne jusqu’à la ruelle la plus proche de ma guest house mais en plus m’y accompagne à pied (la rue est trop étroite pour qu’il puisse y passer) pour être certain que je ne me perde pas. Ca alors, ça me la coupe ! Je commence à me détendre !

Yogi Guest House occupe une magnifique maison traditionnelle jodhpuri vieille de 200 ans. Il y a 4 étages avec 6 chambres par étage dont les portes donnent sur une petite cour intérieure un peu comme un riadh marocain. Les murs intérieurs et extérieurs sont peints de magnifiques teintes de bleu, de bleu mer du sud au bleu Klein. Et cela tombe bien, c’est ma couleur préférée.

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Je vais prendre une douche bien fraiche, je mets la clim (eh oui, c’est la fête ! Je suis passé de la chambre à 6 euros à la chambre à 10 euros…) puis je me couche pour une brève sieste du matin.

Trois heures plus tard, j’émerge revigorée. Je m’habille et sors pour aller me balader dans la vieille ville. Il ne me reste plus que 390 roupies donc il faut que je retire de l’argent au distributeur.

Pas de rabatteurs, pas de crazy rickshaw, je marche dans la rue et je suis détendue. Les femmes et les enfants m’interpellent avec le sourire du pas de leur porte, ils veulent que je les prenne en photo.

Il y a des fontaines d’eau froide potable partout à la disposition des habitants qui veulent boire ou se rafraichir. Je remplis ma gourde d’eau régulièrement car il fait une chaleur étouffante en milieu de matinée et qu’il est important de s’hydrater. 

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Une rue après l’autre, je finis par me retrouver en contrebas du magnifique fort Mehrangarh 120m au-dessus de la ville. Les murs de soutènement font entre 6 et 36 mètres de haut et sont directement sculptes dans la roche de la colline sur lequel le fort se tient. La structure de ce dernier est comme fusionnée avec sa base, superbe.

La vue sur la ville est très belle. De là, on peut voir que seule une partie de la ville est peinte en bleu, la couleur pour laquelle elle est fameuse. Les teintes ocre, saumon, beiges et bleues se répartissent harmonieusement.

Bien entendu, l’entrée du fort coute 400 roupies et il m’en manque donc 10… Ce n’est pas grave, je prends plein de photos de l’extérieur avant de redescendre lentement vers la vieille ville.

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Arrivée en bas des marches, une adolescente assise sur les marches d’une jolie maison rose me fait signe de m’approcher. Elle veut une photo avec sa tante. Nous discutons un peu puis elle m’invite à entrer pour visiter sa maison. Et là, surprise, tout l’intérieur est peint en bleu vif. En fait Jodhpur, c’est la ville bleue à l’intérieur !

Nous prenons des photos avec les cousines Neha et Neha (ils sont imaginatifs les indiens quand ils nomment leurs filles…), elles me font visiter la cuisine et la pièce réservée à l’autel hindouiste, puis nous changeons de maison car elle veut me faire rencontrer sa mère et sa tante dans une autre maison.

Et c’est reparti pour une visite de maison traditionnelle, on bavarde chiffons et cosmétiques (sans blaguer) et pendant que sa fille Sonia nous fait de petites danses, je bois le savoureux the préparé par Nita, le meilleur chai que j’ai bu en Inde, délicieusement épicé et peu sucré. Un délice.

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Malheureusement je dois les quitter pour continuer ma balade et aller déjeuner car j’ai l’estomac dans les talons. Je trouve un petit restaurant Kurries and Spices qui a le wifi ce qui me permet de tester mon nouveau netbook et de récupérer mon CV sur internet afin de le mettre à jour… Eh oui, ma RH me demande de penser au retour et il faut que je commence à postuler à des offres de postes en interne… Retour à la réalité…

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Je vais au marché acheter des mangues et je finis par trouver un distributeur automatique qui fonctionne pour retirer des roupies. Au retour, je m’arrête pour acheter un paquet de chips à une petite boutique. Je bavarde un peu avec la propriétaire Rekha qui donne des cours de cuisine et je booke un cours pour le lendemain après-midi puis je rentre me reposer sur la terrasse de Yogi’s qui offre un merveilleux panorama sur le fort. Ma soirée est consacrée à la mise à jour de mon CV et à la rédaction d’une brève lettre de motivation car j’ai entendu parler d’un poste et je vais postuler le lendemain.

Le lendemain matin, grasse matinée. Je trouve un petit restaurant qui a une jolie terrasse ombragée pour prendre mon petit déjeuner et me connecter à internet via wifi pour envoyer ma candidature.

Y’a pas à dire, un ordinateur portable, c’est tout de même pratique !

J’en profite pour envoyer un mail de félicitations aux locataires de mon appartement qui ont passé haut la main l’état des lieux intermédiaire fait par la merveilleuse Corinne (qui m’a sauvé mon voyage au moins 8 fois cette année seulement…)

Je dors, je bouffe, je lis jusqu’à 16h, heure de me rendre chez Rekha. La, trois autres filles attendent pour la leçon. Il faut dire que Rekha dans sa modeste maison et avec sa modeste boutique est l’attraction numéro 2 de Jodhpur sur Tripadvisor, juste après le fort !!! Et moi qui suis tombée sur elle par hasard en achetant des chips !!! Des touristes viennent exprès à Jodhpur pour ses cours de cuisine. 

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Le cours est passionnant. Rekha commence par nous détailler les épices utilisées par la Gastronomie Indienne puis on fait un chai parfumé et onctueux que l’on partage.

Nous préparons ensuite un délicieux Biryani de légumes avec au moins 8 différents légumes, du gingembre, des raisins secs, des noix de cajou, des graines de grenades, etc. Rien à voir avec le Biryani basique de Rishikesh… Nous l’accompagnons d’une Raita bien fraiche.

Petite pause digestive pour bavarder avec  Rheka qui nous raconte l’histoire fascinante de son échoppe et comment elle a réussi à monter ses cours de cuisine malgré l’opposition de la famille de son mari : les femmes de son milieu en Inde ne sont pas censées travailler, d’autant plus si elles ont des enfants et que leur travail les mène à être en contact avec des hommes (en l’occurrence les touristes prenant des cours de cuisine ou achetant des épices dans son échoppe). Elle est très émue en nous racontant son histoire et nous aussi.

Nous préparons ensuite deux curries, un au paneer et un de son invention aux popaddums et fenugreek seeds que nous mangeons avec les chapatis que nous avons fait de nos blanches mains.

Nous faisons également des nans à l’ail et graines d’oignons (Miamm !!!) et pour finir une parratha sucrée aux épices et du Sogra, un pain rajastani à la farine de millet arrose de Ghee (beurre clarifiée) et que l’on mange avec de la pâte de canne à sucre (une tuerie mais à 2000 calories la bouchée !)

L’adorable Rekha me recoud le bas de mon sac car elle ne peut me laisser repartir avec un trou alors que je prends le train le lendemain matin. Je lui achète 3 petits sacs de mélanges d’épices (notamment celui pour la parratha sucrée), on s’embrasse et on se dit au revoir et non adieu car c’est sur je reviendrais la voir ! Il est 22h. Le cours de cuisine de la généreuse et bonne Rekha a duré 6 heures au lieu des 3 prévues. Pour moi cette femme est l’attraction numéro 1 de Jodhpur, mieux que le fort ! Au même niveau que le Taj Mahal !

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L’info du jour : il y a 16 types de lentilles différentes en Inde. On n’en est pas encore au stade du nombre d’espèces de pommes de terre au Pérou mais on s’en approche.