Apres un voyage tranquille (si on peut appeler un voyage tranquille un trajet avec 3 gamins hurlants qui courent partout dans le compartiment minuscule sans que leurs parents ne leurs disent quoi que ce soit...) mais climatisé, j'arrive à Jaipur, la capitale du Rajasthan à 21h30, soit une bonne heure plus tard que prévu.

A peine sortie du train, un rabatteur me tombe sur le paletot. Je le rembarre poliment puis comme il s'accroche malgré tout plus sèchement.

Il semble me lâcher mais je suis immédiatement prise en chasse par un second rabatteur alors que je monte sur la plateforme permettant de rejoindre la sortie de la gare.

Je sors de la gare, quatre autres rabatteurs le rejoignent, dont le premier qui m'avait sauté dessus à la descente du train. J'ai à présent 5 indiens vociférants je ne sais pas quoi qui m'entourent en pleine nuit à la sortie de la gare. Je suis la seule touriste arrivée par le train de Delhi, ils semblent désespérés et donc très agressifs.

Passablement fatiguée et énervée, Je leur dit fermement crie... de me laisser en paix et je me dirige vers le guichet des autorickshaws prépayés où je me fais arnaquer à l'indienne : 40 roupies pour aller à mon hôtel, soit 1km au maximum. Les autorickshaws les plus chers d'Inde !

Heureusement, l'hôtel que j'ai réservé est magnifique, des parties communes presque luxueuses après les endroits spartiates que j'ai fréquentés auparavant. Des murs parfaitement blancs, des peintures encadrées les égayent, des meubles modernes en osier donnent une touche agréable aux parties communes et il y a le wifi ! Ma chambre est simple mais agréable et il y a un air cooler. Bref, je m'endors rassérénée.

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Je m'éveille en me disant que je ne veux absolument pas me lancer dans de la négociation de rickshaw aujourd'hui même si je dois aller à Amber Fort à 13km du centre de Jaipur. Cela tombe bien, il y a un bus que je peux prendre très près de l'hôtel m'indique le réceptionniste : le bus 5.

Et c'est parti pour Amber Fort. Bien entendu, le bus 5 ne va pas à Amber Fort (normal... c'est l'Inde... rien de surprenant...) mais le chauffeur me dépose à l'entrée de la vieille ville où je peux prendre le bus 29 qui lui y va.

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Le fort, jaune pâle est grandiose. Il est entouré de collines surmontées par une muraille rouge sombre qui peut faire penser à la grande muraille de Chine (par l’architecture, pas la longueur…)

Un long et pentu chemin de garde y mène que les touristes blancs font en jeep ou à dos d’éléphant (non, je ne vais pas payer 12 euros pour grimper sur un éléphant durant 10mn…) et les indiens et moi à pied…  Ce qui me permet de prendre plein de photo des éléphants et de leur cornac ainsi que d’intéressantes perspectives sur le fort,

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Le fort est très beau avec ses bâtiments intérieurs en marbre, ses couloirs en stucs, ses colonnes et même ses latrines (ben oui, ils le faisaient aussi à l’époque…). J’y passe de nombreuses heures.

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En début d’après-midi, la chaleur montant, je commence à prendre le chemin du retour. Je m’arrête d’abord pour déjeuner de la plus horrible Masala Dosa qu’il m’ait été donné de manger en Inde (servie avec de la sauce tomate !!! Et puis uniquement une demi feuille histoire de faire des économies de bout de ficelle… demi feuille si épaisse et lourde qu’ils auraient pu faire une feuille entière avec… Sérieusement ???). Je fais un second arrêt au Lake Palace, un palais situe au milieu d’un lac et qui semble flotter dessus puis je ne résiste pas et je vais prendre le Hawa Mahal (ou palais des vents) en photo. 

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Il s’agit de cet édifice rose qui ressemble à une pièce montée et que les épouses et concubines du Maharadjah utilisaient exclusivement pour voir passer les processions et cérémonies dans la rue. Il compte 365 fenêtres et aucune véritable pièce car personne n’y vivait. Bien entendu, pas possible de prendre une photo sans être harcelée par quatre propriétaires de « come to see my shop » qui se collent à moi et s’obstinent à me faire la conversation « What Country ? » « Married ? »  « You like textiles » « 100 roupies for Ali Baba trousers » (j’ai une tête à porter des pantalons qui me feraient passer pour Jinny de mes rêves ???) tandis que je prends des photos en tentant de les ignorer « Why don’t you talk to me » « You don’t talk to Indians » « You don’t like brown man ? » (Sans blague !!! les gars quand ils sont bien désespérés que tu les ignores, ils te sortent à carte du racisme histoire de bien tenter de te manipuler : trop forts ! Mais bon, comme le racisme ce n’est pas mon truc, du coup je suis plus forte qu’eux et imperméable à la manipulation de base, je continue à les ignorer ce qui les rends dingues…). Cela me rappelle ce livre d’Aravind Adiga, un auteur indien, White Tiger où le héros dit des locaux qui n’ont pour la plupart jamais fait d’études et qui préfèreraient s’immoler par le feu que d’ouvrir un livre : « these people are only half baked ».

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J’achète des mangues et m’arrête pour un snack : des boulettes de pate frite aux herbes et de beignets de pommes de terres, ici servies par un trio d’ados sympas qui m’offrent avec une sauce délicieuse faite avec du chili, de la coriandre haché, du jus de limes et certainement du garam masala. Savoureuse sauce qui fait passer les boulettes de pate frite, parfumées certes mais un peu lourdes. Nous prenons des photos de part et d’autre et nous nous quittons ravis. Je fais descendre tout cela avec un Maaza, LE jus de mangue made by Coca-Cola qui a un succès fou ici, plus que le Cola ou la Limonade.

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Je rentre à pied à l’hôtel (4km en plein cagnard, 45 degrés minimum, très intelligent, bravo ma fille…) et dois m’arrête dans un Café Coffee Day (une chaine de café indienne un peu « dizein »…) pour prendre une boisson fraiche et me rafraichir un peu à la clim.

La première chose que je fais en arrivant dans ma chambre : douche !!!

Je vais faire un petit tout au mall à coté pour me renseigner sur les notebooks, ces touts petits ordinateurs portables  dont la possession me permettrait de commencer mes recherches d’emploi (ma RH me met la pression…) et aussi (accessoirement) de mettre à jour mon blog plus facilement.

Je rentre à l’hôtel qui ne propose sur sa carte que des burgers, pancakes, pizzas et pastas mais pas de plats indiens (no comment…) donc je vais me coucher sans diner car les rues ne sont pas éclairées et que même si je ne suis pas effrayée par le « brown man », il ne faut pas tenter le diable non plus.

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Le lendemain, après m’être fait la frayeur de mon voyage en découvrant que mon appareil photo avait disparu avec toutes mes photos d’Inde (je vous passe les détails un peu pourris mais j’ai fini par le retrouver au Café Coffee Day où il m’attendait depuis la veille lorsqu’ils l’ont trouvé sur mon fauteuil après que je sois partie… insolation quand tu nous tiens…)  je retourne à la vieille ville pour visiter le City Palace où ont vécu les différentes dynasties de Maharadjas du Rajastan. Il y a un spectacle de danses Rajasthanis organises par une école de danse locale. C’est un peu amateur mais joli.

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Je me dirige ensuite vers Jantar Mantar, un site classé au patrimoine mondial qui présente une vingtaine de bâtiments scientifiques permettant de réaliser des mesures astronomiques de différentes façons. C’est intéressant du point de vue scientifique comme du point de vue graphique. Le tout est très photogénique

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Sur le chemin du retour, je passe chez mes potes les vendeurs de pate frite m’en faire une nouvelle fournée pour 10 roupies sauce délicieuse incluse puis je rentre doucement à pied (et je dois virer deux gars différents qui m’ont suivi et veulent me vendre des trucs et que j’aille voir leur shop… dont un qui me suit au moins sur 800 mètres puisqu’il m’aborde à deux reprises, persistant le gars, il faut lui accorder cela…) via le soi-disant « Mall de l’électronique à Jaipur », toujours à la recherche d’un notebook pas trop cher. Ben, j’espère que les entreprises informatiques où on décentralise notre programmation de France vers l’Inde sont un peu mieux que ce bouge en béton et peinture jaune écaillée, sombre, décati et pas terrible terrible, sinon commençons à nous inquiéter pour le bogue de l’an 3000…

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Je continue donc mon chemin dans la vieille ville « Ma’am come to see my shop » en ayant acheté uniquement une clef USB et une carte mémoire supplémentaire pour mon appareil photo quand soudain juste à la sortie, je vois un magasin d’ordinateurs plutôt clean. Je rentre par acquis de conscience et voilà que j’ai le bol du siècle. Leur dernier modèle de 10’6 pouces, qu’ils bradent à 200 euros, une affaire sur laquelle je saute! En plus le gars me laisse payer par carte bancaire et m’offre une pochette pour transporter la bête.

Je rentre à l’hôtel récupérer mon sac à dos et me dirige vers la gare avec mon nouveau bébé.

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