DSC01314JOUR 11 : Everest Base Camp

Mallory, Hillary, Messner, Kammerlander, Shipton, Bonnington, Batart, Boivin, Mauduit, héros des montagnes sont tous passés par là dans leurs courses au sommets. Nous nous offrons une grasse matinee car nous le valons bien et que le camps de base de l'Everest (EBC pour Everest Base Camp) ne va pas disparaitre dans la journee. Nous sommes haut mais acclimatees et nous ne mettons qu'une heure et demi a suivre la crete qui nous conduit a EBC.
Nous sommes accueillis par les milliers de drapeaux de prieres apportes en offrande a Sagarmatha par les sherpas et les alpinistes venus tenter l'aventure cette annne. Des centaines de tentes jaune vif ou rouge (les deux couleurs les plus visibles dans la neige) parsement le champs de glace qui precede le serac tueur du debut de l'ascension du toit du monde.

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Avec Caz et son sourire eclatant, nous sommes bientot invites dans la tente de grimpeurs qui s'ennuient en attendant une fenetre meteo favorable. Certains sont sympathiques et nous offrent un the, certains nous ignorent (ce qui est plutot normal, ils ne peuvent pas bavarder avec tous les randonneurs du dimanche qui montent ici tous les jours...) et vont dejeuner. Fred est anglais et photographe. Il est venu ici pour prendre des photos pour un documentaire celebrant les 60 ans de l'escalade de l'Everest par Hillary. Il nous apprend que Messner est dans le camp pour filmer un documentaire egalement. Ceci explique les balets d'helicopteres que nous avons pu observer hier et ce matin.

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Nous rencontrons et bavardons un bon quart d'heure avec Harry, un australien vivant au Cambodge et qui est venu escalader le Lhotse seul, sans guide, sans porteur et sans oxygene. Il est revenu au camps de base apres avoir monte son materiel et ses tentes aux camps superieurs. Il pratique l'escalade depuis 39 ans nous dit-il. Il a arrete plusieurs fois mais toujours repris.
Il commence a neiger, d'abord doucement puis plus fort. Je convainc Caz de rentrer au lodge car nous avons une bonne heure de marche et que nous ne sommes pas equipees pour le blizzard a 5300 metres d'altitude.

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A peine arrivees au lodge, c'est la tempete de neige. En quelques minutes tout est recouvert d'une epaisse couche blanche et la temperature chute brutalement. Nous nous rapprochons du poele.
Au lèvres de tous les trekkeurs du dimanche qui trainent dans le lodge, comme moi, qui à de rares exceptions n'iront jamais plus haut que le camps de base du toit du monde, se bousculent les mots d'un nouveau vocabulaire qu'ils étalent avec fierté comme les enfants des mots nouvellement entendus :" to summit", EBC, serac, advanced base camp, "sooooo inspiring to speak to climbers" (pour ma part, ceux que j'ai rencontrés sont comme la plupart des gens que l'on rencontre dans la vraie vie : des types bien et d'autres cons hautains qui ne se sentent plus pisser), "satellite weather report", "a climbing window", etc. Certains parlent de rapports metéos favorables ou pas d'un ton tellement assuré qu'on se surprend à regarder leurs pieds s'attendant à y voir des crampons... C'est assez drôle...
Nous sympathisons avec Katherina une allemande et Lindsey, une americaine qui amies randonnent ensemble. Elles comptent escalader le Kala Pathar aux aurores demain. Je demande son opinion au gerant du lodge qui me conseille de ne pas y aller trop tot car il fait froid et a cette heure-ci on a le soleil en plein visage et donc on ne voit l'Everest qu'en ombre chinoise.
Caz me fait confiance sur ce coup la et on decide de commencer notre ascension a 8h30 pour arriver au sommet vers 10h avec un soleil assez haut pour prendre des photos mais avant que les nuages ne se levent.
Apres un solide Dal Bhat (qui a parcouru mon systeme digestif dans son entierete en 14 minutes, un nouveau record...), je vais me coucher car je me sens vraiment faible sans petits nutriments dans mon corps.

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JOUR 12 : Kala Pathar


Apres un petit dejeuner copieux pour Caz (je passe car sur le Kala Pathar il n'y a pas de toilettes...) nous partons. Nous recuperons Katharina et Lindsey qui ce matin ont renonce a mi-chemin a cause d'un froid verglacant. Il est difficile de croire que la veille il neigeait si tout n'etait blanc. Il fait un temps magnifique. La neige a chasse la brume et la vue sur les montagnes est limpide.
Nous montons lentement (enfin, surtout moi et mon estomac vide) et nous faisons plein de photos stupides avec une cannette de biere Everest que les filles ont amene (non, les mecs n'ont pas le monopole de la connerie...) pour l'occasion.

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Apres une ascension dont j'ai pense plusieurs fois ne pas arriver au bout, nous arrivons aux manis et drapeaux de prieres qui marquent le sommet de cette petite colline qui culmine a 5600 metres et qui offre l'un des plus beaux panoramas sur le sommet du monde. Extraordinaire. Un vent verglacant chasse Caz et Katharina mais Lindsey reste une bonne demi-heure de plus avec moi, recroquevillees dans une enfractuosite, admirant ce pour quoi nous avons marche, grimpe, souffle, monte, descendu, escalade durant les deux dernieres semaines.

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Nous descendons a regret et prenons un dejeuner rapide (sitot in sitot out) avant de nous diriger vers Lobuche d'ou Caz se dirigera vers Chongla Pass (je n'en ai pas la force, il faut que je descende) tandis que les filles decident de descendre le plus loin possible vers Namche.
Les lodges a Lobuche sont bondes, sombres et sales mais nous n'y passons qu'une nuit.
Caz, sociable, sympathise avec un anglais et un couple mixte canado-lithuanien vivant au Luxembourg et nous bavardons voyage avant d'aller nous coucher. 

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