DSC00176Mon bateau pour Basuanga, une grosse ile au nord des Palawan est a 8h30. Je m'offre donc ma première grasse matinée des Philippines (hourra, plus de philippins matinaux à l'hostel!!!) Je finis mon sac et me dirige vers le port où (une fois n'est pas coutume), on embarque au bout de 5 minutes.

Le trajet censé durer 7 heures nous conduit 10 heures plus tard à bon port, le village de Coron. Je le passe à bouffer des nouilles sautées, des petits pains au lait "gracieusement" fournis par la compagnie et des mangues que j'ai apportées, bavarder avec un couple de francais de la région parisienne (Fred et Sandra), bouquiner et dormir.

 

On arrive à bon port mais il fait nuit noire et cela risque d'être compliqué de trouver un dive center dès ce soir.

On se partage un tricycle avec mes nouveaux copains francais mais on se separe parce qu'ils vont passer la nuit dans un dive resort sur une île privée.

Je me dirige vers Seadive, un hotel attaché à un dive center qui offre des chambres pas chères. Je prend une simple avec ventilateur qui à ma (mauvaise) surprise ne se situe pas dans le bâtiment principal mais dans une annexe. Une fille me conduit à la chambre pas faite (philippino style... on finit par s'habituer... si si...), je dépose mon sac à dos et vais rendre visite à deux dive centers pendant qu'elle nettoie et change les draps.

Je n'ai pas vraiment de bon feeling avec les gars que je rencontre et il commence à être tard. Je vais donc prendre une douche et me coucher en me disant que demain est un autre jour et que demain je pourrais faire un tour des environs terrestres au lieu de plonger.

Lever aux aurores le lendemain. J'envoie un ou deux mails en utilisant le crédit de 20mn que m'offre Seadive. Dieu que l'internet est lent ici!

Vers 7h, je me met en route à tout hasard pour le sud du village où est situé Rock Steady, un dive center dont m'a parlé Florent.

Dans les eaux autour de l'île de Basuanga reposent une douzaine de navires militaires japonais coulés par la navy américaine le 24 janvier 1944 et c'est réellement LA chose à voir ici. Ca serait un peu bête de louper ça.

Je débarque dans une sorte de hangard peint aux couleurs rastas vert rouge et jaune. Donnie, un des dive instructors me prend en main. Il est rassuré par le fait que je ne souhaite faire que deux plongées (je prends un avion le lendemain et les plongées multiples induisent un risque de décompression) car l'une des trois plongées prévues est sur la plus dangereuse des épaves qui repose à 42 mètres de profondeur. J'ai un bon feeling avec ce club malgré les couleurs rasta qui peuvent inquiéter un peu de prime abord... Je signe donc pour deux plongées.

 

 

 

Donnie, me fait essayer le matériel en vitesse et Karyn la réceptionniste allemande le fait signer les papiers nécessaires car le bateau part à 8h. J'ai à peine le temps de grimper dans le tricycle du centre et nous voilà partis. Heureusement que j'ai mis un haut de maillot de bain ce matin et que mon slip n'est pas trop transparent...

Il y a déjà sept plongeurs sur le bateau : un groupe de 4 coréens aux tresses rasta et aux vêtements de plongeurs übercools et trois slovènes fin de quarantaine au style speedo beaucoup plus classique mais au matériel photo impressionnant.

 

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La première plongée se fait sans moi, ce qui me laisse le temps de préparer mon matériel tranquilou et d'enfiler ma combi.

La seconde plongée est pour moi. Angy, l'autre dive instructor me prend en main. La plongée est à 30 mètres de profondeur (au max) et normalement avec ma certification Open Water, je ne devrais pouvoir aller qu'à 18 mètres maximum. De plus, je vais littéralement entrer dans les cales du bateau. Je pense qu'ils m'ont refilé à la star du club au cas où j'aurais un souci. Angy me répète plusieurs fois que je ne suis pas obligée d'entrer dans l'épave, que je dois y aller à la cool etc. Ma fille, je pense, une fois que je suis en bas, l'épave je vais y entrer comme dans du beurre. Hors de question de manquer ça!

Et on plonge. La descente se fait sans problèmes et si j'ai un peu de mal à égaliser mes oreilles sur les premiers mètres, Angy a raison, cela devient plus facile au fur et à mesure que l'on descend car la pression est inversement exponentielle à la profondeur. ie elle augmente plus vite sur les dix premiers metres que sur les 20 suivants.

 

Je vois l'épave du Kogyo Maru. Elle me semble gigantesque avec ses 135 mètres de longueur.

Angy se retourne et me demande si je suis OK. Je suis super OK. Rarement été aussi OK de toute ma vie.

On approche de l'entrée de la première cale, signe interrogatif d'Angy, toujours OK pour moi. Toute appréhension que j'aurais pu avoir la veille ou le matin totalement évaporés.

Et on y va. On passe de cale en cale soit à travers les trous d'obus US dans la carlingue soit en sortant et en rerentrant. D'abord une cale contenant des munitions puis celle contenant de gros rouleaux de grillage et enfin celle contenant une énorme benne.

Angy a arrêté de se retourner pour me demander si cela va. Je pense qu'elle est rassurée à présent. On sort pour remonter sur le poste de pilotage puis l'extérieur de l'épave couverte de coraux magnifique où s'ébattent des centaines de poissons.

Au bout d'une quarantaine de minutes, on remonte tranquillement.

C'était trop trop trop génial!!!!

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Petit debriefing avant le déjeuner. La mère Angy est contente et du coup on sympathise (alors qu'avant la plongée elle avait un peu l'air de penser qu'elle allait se trimballer un boulet :-D Elle me donne des conseils pour améliorer mon souffle et mon déplacement (j'utilise trop mes bras pour me déplacer) ce qui est vraiment un super plus pour moi.

Pause déjeuner puis briefing de seconde plongée sur le East Tangat tandis que la bangka se dirige vers le troisième site.Cette fois-ci on ne va pas très profond (19 mètres max) mais on parcours des coursives et de plus petits espaces et bien sûr je trouve le moyen de me couper les doigts sur un bout de ferraille. Je fais saigner pour éviter le tetanos et à cette profondeur, je saigne vert sombre ! Excellent!

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On remonte au bout d'une heure tous ravis de notre journée. Le retour en bangka est calme car on est tous crevés et moi un peu pompette après avoir bu la bière que nous a offert l'équipage lorsque l'on est sortis de l'eau.

 

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Je bavarde un peu avec Angy, remplis mon log book et vais tranquillement dîner de calamars grillés et de brochettes de coeur de poulet à un étal du petit marché de nuit.