Reveil a 5h (aouch!) afin d'etre prete pour 5h30, heure que l'on s'est fixe avec Ladie et Marco pour partir avec la jeep.
5h30, je suis devant la cuisine mais pas de Ladie ou de Marco en vue, et plus bizarre, pas de lumiere pres de leur tente. Je vais donc frapper contre celle-ci et je fais bien car ils dormaient comme des bienheureux...
Une demi heure plus tard, nous voila partis pour le nord-est de l'ile. Il nous faut bien 45mn pour rejoindre Tongariki en rase campagne, dans le noir total et pour la fin du trajet sur de la bonne piste boueuse des pluies des derniers jours. En plus, on a la pression car la lumiere du jour commence a apparaitre (ce qui paradoxalement aide pour trouver notre chemin). Moi qui suis levee depuis 5h, je suis un peu agacee mais je prends sur moi... Ah, Marc et Delphine m'avaient pourtant mis en garde contre la fameuse demi-heure chiliennne...

On finit par arriver et on descends bien vite de la voiture pour profiter des premiers rayons du soleil. Tellement vite que j'en oublie mon appareil photo que je finis par recuperer une demi-heure plus tard (mais Ladie, prends plein de photos donc ca va).
Je lache Ladie et Marco qui doivent ramener la jeep au village afin de profiter de la lumiere matinale pour prendre des photos de Tongariki puis de Rano Raraku ou j'ai failli ne pas rentrer car apparemment le ticket ne donne droit qu'a une seule entree sur le site.
Je passe une bonne heure et demi sur le site ou la lumiere est ideale pour prendre de magnifiques photos de Moai. J'ai la chance de rencontrer un couple de basques Ana et Inaki qui acceptent de me prendre en stop pour aller vers le sud. On fait un arret a xxx, site du plus grand Moai jamais grave (malheureusement pas renove, il git toujours au sol). Inaki a eu son permis de conduire juste avant de quitter Barcelone. C'est donc sa premiere semaine de conduite et l'Ile de Paques avec sa circulation limitee est ideale pour cela.

Arret suivant : Puna Pau, la fabrique de "chapeaux de Moais", j'adore cette colline au beau vert electrique et le contraste qu'elle offre avec les chapeaux de Moais et leur rouge profond presque brun. En haut de la colline,le point de vue sur Rangi Roa est saisissant.

Arret suivant : Ahu Akivi et ses sept Moais restaures.
C'est la que je quitte Inaki et Ana car d'une part je ne souhaite pas abuser de leur gentillesse et d'autre part je souhaite prendre le chemin cotier pour aller voir les Ahus (sites de Moais) et grottes qu'il offre.
Des rapa nuis arrivent et installent une petite colline d'ananas minuscules typiques de l'ile qu'ils comptent vendre (une fortune : 3000 pesos soit 5 euros l'ananas pas plus gros qu'un cantaloup...)

Vingt minutes apres etre partie, je croise Micka qui vient de se faire le chemin cotier en sens inverse.

Apres une heure de marche en plein cagnard, j'arrive a Ana Te Pahu : le site des grottes. Comme Micka m'a dit qu'elles ne sont pas toujours bien indiquees, je regarde attentivement autour de moi et repere un renfoncement dans le sol. Bizarrement l'acces a la grotte est bloque par des arbustes et de hautes ronces mais tant bien que mal, j'arrive a me frayer un chemin. Il fait frais dans cette grotte et cela fait du bien de s'y reposer un peu. Des fougeres poussent a l'interieur mais mis-a-part cela il y a peu a voir. Je ressors donc pour rejoindre la grotte numero 2 a une vingtaine de minutes. Et la, je me rend compte que la grotte 2 etait en fait la grotte 1 sur mon plan. Celle que j'ai visite n'est pas marquee (d'ou les ronces car personne ne s'y rend...). L'entree de la (nouvelle) premiere grotte est ombragee par une vingtaine de petits palmiers et renferme des sortes de bassins en pierre. Elle est assez etroite et seche.
J'en ressors pourme diriger vers la grotte numero 2 qui est condamnee par un muret de pierre, je ne m'y attarde donc pas.

Une demi-heure de marche plus loin, il y a Ahu Tepeu, le site non restaure d'un temple Rapa Nui. Amas de vieilles pierres... Voila la Lieber qui arrive egalement en sens inverse dans sa jeep de location deglinguee. On bavarde un peu (elle me dit qu'elle vient de croiser el Macho Iberico qui lui a dit texto "cela fait plusieurs fois que l'on se croise, on doit etre predestines", ce a quoi elle a repondu "c'est une toute petite ile, tout le monde croise et recroise tout le monde", j'adore cette fille, elle gere super bien les deglingos...) et elle redemarre.

  

 

DSC04233DSC04151DSC04219

 

DSC04448

DSC04363DSC04413

DSC04442DSC04439

Il me reste deux heures de marche pour rentrer au village et je suis deja bien cuite. Je n'arrete pas d'etaler de la protection solaire indice 50 sur ma peau mais il n'y a pas d'ombre sur le chemin et je viens de passer deja deux bonnes heures au soleil.

J'accelere vers la grotte numero 3, celle des "Dos Ventanas" que je met vingt bonnes minutes a trouver car elle est juste constituee d'un etroit trou dans le sol qui mene a un tunnel au noir absolu. Il faut longer ce tunnel sur une vingtaine de metres avant d'arriver a une salle voutee qui offre deux ouvertures semblables a des fenetres d'ou la vue sur la falaise decoupee et un petit motu au large est a tomber.

Une pause rafraichissante bien meritee avant de repartir vers la grotte numero 4 que je laisse tomber car a present j'ai non seulement chaud mais aussi faim car je n'ai pas dejeune et il est trois heures.

Micka qui a fait demi-tour me rattrape et on rentre ensemble se manger une empanada camarones y queso puis une glace (je les merite!)

Je le lache pour aller faire quelques courses pour le diner. Benjamin me choppe a mon arrivee et m'invite a diner car il est alle pecher et il a choppe une quatantaine de poissons (!!!!!) et il va faire un barbecue avec quelques happy few du camping.

Je prepare une salade de riz afin d'avoir un accompagnement pour le poisson.

Ce soir, je vais a un spectacle de danse Rapa Nui, le Kari Kari. Benjamin a son fils qui joue dans le groupe de musiciens et du coup on a le droit a des places a demi-tarif. Lieber est la aussi. Au milieu du spectacle, on est invites a danser sur scene et c'est bougrement dur. Les danseuses sont magnifiques, surtout une extraordinaire. Les danseurs polynesiens sont superbes mais un peu jeunes a notre gout (Lieber et moi :-D)

Le diner est tres tres sympa, sont egalement de la partie Remi et Natalia, un couple de parisiens egalement en tour du monde, un couple de Chiliens amis de Benjamin, Lieber, ma voisine de lit basque et Micka.
Le poisson grille est delicieux, sa chair est tres delicate. Les accompagnements : salade de pommes de terre, salade de riz, tomates mures a point, accompagnent magnifiquement, le petit vin apporte par Remi va tres bien avec la nourriture et la conversation est tres sympathique. Bref, une excellente soiree.

 

Jour 5 : Lina

 Pluie...
Aujourd'hui je suis invitee a dejeuner par Lina, la responsable du bureau de poste. Bien entendu, le matin on traine dans la cuisine a bavarder avec le gang. Juan quitte l'ile aujourd'hui pour rentrer a Santiago et de la en Espagne ou il passe son PHD en traitement des dechets menagers, sujet qui le passionne. Ce matin, il est alle recueillir de l'eau de mer dans une petite bouteille d'eau afin de l'analyser a son retour.

Je bavarde avec le gang, passe au supermarche acheter une bouteille de vin blanc et une grande bouteille de biere Cristal bien fraiche puis je rejoins Lina devant l'eglise.

Nous passons chez l'epicier a cote du village faire quelques courses puis nous remontons la longue route menant a sa maisonette (fournie par la Poste).
L'installation est assez basique car son occupant (ou occupante) n'y reste que six mois. En effet, le poste de responsable du bureau de Poste de l'ile de Paques est temporaire. Il est attribue sur concours a un cadre meritant d'un des bureaux de poste chilien suite a un parcours du combattant : selection sur dossier, lettre de motivation, entretien de motivation a Santiago pour les pre-selectionnes puis enfin selection du "gagnant".

Nous nous mettons tout de suite a cuisiner le pebre et les sopaipillas. Une demi-heure plus tard, nous passons a table pour deguster nos preparations avec un verre de biere bien fraiche en bavardant de tout et de rien. L'apres-midi passe tres tres vite et je dois bientot me diriger vers Tipanie Moana.
Bien entendu, il se met a pleuvoir a verses cinq minutes a peine apres que je me sois mis en chemin et je fais quelques arrets sous des arbres afin de ne pas etre completement trempee. Je met donc une bonne heure pour rentrer au lieu des 20 minutes necessaires.

 

DSC04661DSC04659

DSC04664DSC04665

Je tombe sur Lieber, Micka, Adriana et Alejandro qui s'ennuient sec dans la cuisine. Ils n'ont strictement rien fait de la journee, attendant que la pluie cesse.

On bavarde cinq minutes mais j'ai envie de bouger. Le ciel semble bleu vers le nord de l'ile.
Ni d'une ni de deux, on decide d'embarquer un pack de biere et d'aller voir si le temps est plus clement la bas. Au pire, on s'abritera sous un kiosko en mangeant des empanadas.
On s'entasse a cinq dans la jeep blanche de location de Lieber, petit arret au supermarche pour acheter un pack de 6 et c'est parti pour Anakena.

Et on a eu raison, il fait beau ! Enfin, il ne pleut pas !
On prends plein de photos ridicules en buvant nos bieres et en ecoutant de la musique grace a un haut-parleur improvise avec mon telephone portable et un saladier. Si, si, essayez, le saladier fait caisse de resonnance et amplifie le son. C'est enorme ce truc.

On se met en chemin pour rentrer mais Micka veut absolument s'arreter a la pierre magnetique de l'est de l'ile. C'est donc parti pour la pierre magnetique qui effectivement degage de la chaleur lorsqu'on la touche (bon, c'est pas chaud bouillant non plus mais c'est indeniablement plus chaud que les pierres alentour).
Le gang decide de mediter en mettant ses mains sur la pierre, pendant ce temps la, comme je n'ai aucune spiritualite, je bavarde avec un couple argentin venu visiter le site.

DSC04702DSC04669DSC04680DSC04693DSC04713DSC04714

Une fois la meditation finie, on rentre manger une empanada (pas terrible) a l'un des petits restos de Rangi Roa. Pour ceux qui se demandent pourquoi autant d'empanadas, la reponse est simple: le prix. Une empanada coute 2500 pesos soit 4 euros (deja enorme au Chili) alors qu'un repas normal dans un resto coute 10000 pesos minimum... 

 

Jour 6 : Le jour du non depart

 

Aujourd'hui, je m'envole pour Tahiti!
J'ai hate et en meme temps non car j'adore l'Ile de Paques (syndrome Lieber?)
Je passe une bonne heure a organiser mon sac a dos, apres avoir tout deballe durant cette semaine.

Je n'ai toujours pas visite Orongo, le village Rapa Nui restaure alors que ca a ete l'un de mes sites preferes lors de ma visite de l'ile en 2006. Je me dirige donc vers la route principale et qui je croise : Lieber, Adriana et Alejandro qui reviennent de je ne sais ou.

Je leur dit que je vais a Orongo et cela tombe bien car eux aussi. On va donc y aller tous ensemble mais en visite express car Lieber doit rendre la jeep a 14h.

Ce que je souhaite surtout revoir sur le site c'est les sculptures sur quatre ou cinq rochers dont une del hombre pajaro, l'homme oiseau, personnage mythique au centre du mythe fondateur Rapa Nui.

Nous montons en jeep jusqu'au sommet du volcan eteint au bord duquel se situe le village restaure.
Celui-ci consiste en plusieurs maisons en pierres semi-enterrees pour les proteger du vent violent soufflant de l'Ocean. Je m'impatiente tandis qu'Adriana nous lit les details geologiques et historiques du site dans son excellent guide de l'ile: je veux voir el hombre pajaro.
On y arrive enfin et la, mauvaise surprise, on ne peut s'approcher des roches gravees a moins de 10 metres car "apparemment" la falaise s'effrite... Mon oeil, les rochers sont au moins a 2 metres de celle-ci et a aucun moment le sentier qui y mene ne longe la falaise. Je suis super frustree et enervee!

Bref, on va deposer la voiture et j'en profite pour faire deux trois courses et acheter une glace.

Je croise la francaise qui partage notre chambre (je n'en avais pas parle avant car durant les cinq jours de son sejour, elle en a passe 4 au camping a attendre que la pluie s'arrete de tomber sur le camping, sans se demander si peut-etre il ne faisait pas beau ailleurs, a raler a cause de la pluie avec l'ami avec lequel elle est venue, a faire la gueule parce qu'il pleut et a se coucher a 21h...). Elle m'informe (en tirant une gueule de six pieds de long que son vol LAN prevu a 14h pour Santiago a ete annule a cause du mauvais temps sur le Pacifique et qu'il est fort probable que mon vol le soit egalement. LAN ne leur paye pas l'hotel mais leur a file des voucher a utiliser dans un super resto de l'ile.
Je rentre au Tipanie Moana, le copain de la fille (tout aussi raleur et ininteressant) tire la meme tete (on dirait que quelqu'un est mort dans leur famille...). On appelle LAN avec Benjamin et un repondeur dit que le vol de 21h pour Tahiti est reporte mais sans precision. Je decide d'aller a l'aeroport (a deux pates de maisons) histoire de voir ce que je peux gratter (syndrome Tour du Monde, tout ce qui est gratuit est bon a prendre...)
LAN confirme que mon vol est reporte a 20h le lendemain (cool! une soiree de plus avec le gang, ce qui me permettra de voir le tatouage de Lieber, cette dingue a decide de se faire faire un tatouage Rapa Nui tellement elle est dingue de l'ile) mais que nous n'avons droit a rien, ni compensation ni voucher ni que dalle (??1!??)
Bref, je repars au camping pour deballer mes affaires et Benjamin m'invite aussitot au Barbecue numero 2 qu'il organise ce soir. Chouette!
Je vais au cafe internet informer mon couchsurf de Tahiti que mon avion est decalle de 24h et j'en profite pour mettre a jour mon blog.
Resultat, je rentre a Tipanie Moana vers 21h et il ne reste plus de poisson au barbecue mais Benjamin me fait des tripes de porc. Mmmmhhh c'est super gras et goutu grille comme ca. Un delice!

Je n'ai pas tout saisi de la conversation qui a eu lieu en mon absence mais apparemment Remi, Natalia, Miyuki et sa moitie ont convaincu Benjamin de faire un Umu pour demain midi et du coup, je m'incruste.
Un Umu, c'est un four polynesien creuse a meme le sol et dans lequel on met des pierres volcaniqueq que l'on fait chauffer a blanc avant d'y mettre de la viande a cuire a l'etouffee. Miaaam! J'en salive d'avance.
Je vais donc me coucher ravie de ce jour de plus sur Rapa Nui :-)

 

Jour 7 : Le jour de l"Umu et du depart

Ce matin on se reveille tot pour aller faire les courses necessaires a l'Umu. Enfin, tout le monde se reveille tot sauf moi et c'est Natalia qui doit me reveiller en frappant a la porte de ma chambre...

Confuse, je m'habille en vitesse, prend mon porte monnaie et c'est parti.
On passe d'abord au "marche", ou pour etre plus exacte a l'alignement de 8 pick-ups a la gallerie exposant des fruits et legumes varies. Comme les vendeurs s'obstinent a nous faire le prix touriste, on finit au supermarche puis a la boucherie ou suivant les conseils de Benjamin on achete un poulet entier, un kilo de filet de boeuf, trois de pommes de terres et des concombres histoire de faire une salade pour accompagner toute cette viande. Remi paye tout et on divise a la fin de nos courses.

On va donner nos achats a Benjamin qui les pose sur la table du patio et empoigne une pelle pour creuser le trou de l'Umu.
Une fois le trou d'environ 40cm de profondeur creuse, il y met de grosses buches de bois, deux demi cannettes remplies d'alcool a bruler, des boules de papier journal confectionnees avec amour par Natalia et moi et on recouvre le tout de pierres volcaniques de taille moyenne consciencieusement selectionnees.
Benjamin allume me feu, le fait prendre et s'assure que les pierres chauffent.
Pendant ce temps, il empoigne une machette et on va derriere les cabanons couper de larges feuilles de bananier (enfin, c'est lui qui coupe, nous on recupere les feuilles).
Je profite du temps necessaires aux pierres pour chauffer pour aller a l'aeroport me renseigner sur mon vol (confirme a 20h) changer des dollars en pesos et acheter une bouteille de pisco pour mon couchsurf de Tahiti.

Je rentre a Tipanie et Remi me regarde l'air desole car ils ont pendant ce temps ferme le Umu. J'ai loupe l'episode ou Benjamin a mis les pommes de terre et la viande sur les pierres chaude, recouvert de feuilles de bananier puis d'une toile plastique epaisse et enfin de terre...Bah! J'ai le pisco et les sous pour regler la pension...

Pendant que cela cuit, Benjamin reellement en verve nous dessine des peintures pascuanes sur le visage et le resultat est magnifique !
Le dejeuner est tres tres sympathique. La viande est delicieuse : fondante, parfumee, cuite a la perfection. L'ambiance est excellente.

On prend plein de photos de nos visages peints, Remi et Natalia vont meme a la Poste comme cela et rencontrent un franc succes.

DSC04819DSC04822DSC04786DSC04832

DSC04842DSC04808

DSC04833DSC04847DSC04771DSC04829

Je me devoue pour la vaisselle et je finis l'apres-midi a bavarder avec le gang avant de partir pour l'aeroport.

Sur place, je tombe sur Lina qui attends son fils qui arrive par le vol de Santiago, je suis super contente de la voir. On bavarde jusqu'a mon passage en salle d'embarquement.

Le vol decolle a l'heure, je bavarde un peu avec mon voisin, Maurice, un plombier metro installe a Tahiti, j'admire le coucher de soleil puis je m'endors pour quelques heures car le decallage horaire avec la Polynesie est bizarre.