Jour 1 : Le jour de l'arrivee

 

Le vol est passe comme dans un reve. J'etais tellement epuisee que je ne me suis meme pas rendue compte que deux repas avaient ete servis.
Nous arrivons a Rapa Nui, en plein milieu du Pacifique avec rien, nada, zilch a moins de 5 heures d'avion.
Encore sonnee, je dois etre la derniere a descendre de l'avion, je me tape donc une bonne heure de queue pour passer l'immigration et la douane. L'aeroport n'a que peu change en six ans, toujours aussi minuscule. Une nouveaute tout de meme, un comptoir de la Conaf qui vend un ticket d'acces a Rano Raraku (la grande colline ou les tetes de Moai depassent du sol, LE truc a visiter sur l'ile) et Orongo, le village Moai reconstitue, au prix imbattable de 25000 pesos ou 50 USD (soit 20 de reduction par rapport aux prix sur site), alors que la derniere fois que je suis venue, c'etait totalement gratuit...
Bref, je prends mon billet histoire d'economiser 10 USD...
 
Je sors de l'aeroport encore un peu dans le coltar, je n'ai ni guide ni hotel ni rien. Un enorme polynesien voyant mon air un peu egare se dirige vers moi
Il porte une pancarte "Camping, Dormitorios, Habitaciones". Il m'explique qu'il est proprio d'un hostel tout neuf a deux blocs ("dos cuadras" ;-D) de l'aeroport et du centre. On tchatche un peu, on a un bon contact et du coup j'embarque dans la voiture de Benjamin. Il va recuperer deux japonais tout aussi (e)perdus que moi, arrives par le meme avion, et on demarre pour le camping Tipanie Moana (fleur de Frangipanier en Rapa Nui dans le texte).
 
Arrivee sur place, son hostel/camping est vraiment tres bien. Le compartido est tout neuf et je suis la deuxieme personne a y poser mon sac. Benjamin me dit que la personne qui est arrivee avant moi est une basque qui est la depuis une semaine. Ce que j'ai du mal a croire au vu de ses tongs (que cela soit une fille, pas qu'elle soit basque et la depuis une semaine...), la tong bleue et rose est a moi (je precise pour eviter toute confusion...)
Je prends une douche et vais faire un tour en ville pour retirer des pesos et dejeuner.
Apres l'uniformite florale des Galapagos (jaune, jaune et puis surtout jaune...) l'explosion de couleurs, de formes, la luxuriance, les odeurs, me semblent extraordinaires : bougainvilles, frangipaniers et autres marguerites (je vais appeler marguerites toutes les fleurs dont je ne connais pas le nom...) plus exotiques les unes que les autres s'epanouissent a foison.
Sur les conseils avises de Benjamin, je vais deguster un ceviche de thon rouge delicieux et copieux a l'un des trois kioskos qui bordent le front de mer, lorgne une empanada, mais non, ce n'est pas raisonnable, et opte pour une glace artisanale a la pistache savoureuse en guise de dessert.
 

 

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Apres dejeuner, je vais depenser toutes ces calories ingerees en allant me faire une grosse marche vers Anakai Tangata, une grotte ou l'on peut encore apercevoir des peintures murales, notamment de l'homme oiseau, un symbole clef de la culture pascuane.

 

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 Je fais quelques courses et rentre au Tipanie pour preparer ma journee du lendemain. Je bavarde avec mes compagnons de camping au sein de la grande cuisine commune : Juan le chilien, Micka l'allemand, Lieber ma copine de chambre basque aux grands pieds, etc. Une grosse pluie bien drue commence a tomber, j'espere vraiment que cela va s'arranger. En attendant, je me cuisine une petite sauce aux tomates fraiches et a l'ail pour accompagner les spaghettis dont j'ai envie pour le diner

 

Jour 2 : Le jour de la pluie

 

Le lendemain, je suis la premiere levee au camping decalage horaire oblige. Miyuki, la japonaise arrivee du Perou par le meme avion que moi arrive peu apres, je lui offre un sachet de the matcha, du veritable the japonais qui doit lui manquer puisque cela fait presque deux ans qu'elle voyage autour du monde avec son mari (ils ont deja enchaine Afrique, Europe et Amerique du Sud).
Je petit dejeune en bavardant avec le petit groupe de la veille. On decide de se rendre ensemble avec Micka, Juan, Ladie et Marco (un jeune couple chilien d'Antofagasta arrive hier soir de Santiago) sur la cote Ouest voir les Moais et un groupe de trois grottes. Une randonnee de 4/5 heures.
Le ciel est bien couvert mais avec un peu de chance... Bon ben la chance n'est pas au rendez-vous et un petit crachin suivi bien vite d'une pluie drue nous tombe dessus alors que nous venons d'entamer la piste. Nous decidons de revenir sur nos pas pour trouver un abris en attendant que cela se calme. On s'installe donc pour un cafe face au port. La pluie ne se calmant pas, on rentre dejeuner au Tipanie.
Deuxieme tentative l'apres-midi avec les memes. Mais comme on passe devant la poste locale, je leur dit d'avancer sans moi car j'ai paume le paquet que j'ai envoye de Santiago.
Ces andouilles de La Poste (francaise, je precise pour eviter tout malentendu...) se sont trompes en notant le numero de colis sur l'avis, resultat Louise a fait trois bureaux differents pour tenter de recuper le paquet qui au bout de deux semaines a ete retourne a La Poste Chilienne comme "Non Reclame"... Sans commentaires.
Bref, la guichetiere me demande de passer dans le bureau de la receveuse pour faire ma reclamation, ce que je fais.
Je suis recue par une chilienne d'une quarantaine d'annees tous sourires, super aimable a quu j'explique mon affaire, photos des avis a l'appuis.
Elle envoie un mail a Santiago en expliquant ma requete et on bavarde un peu. Je lui explique que j'adore cuisiner et que j'adore apprendre de nouvelles recettes. Et ni d'une ni de deux, elle m'invite a cuisiner et dejeuner chez elle le dimanche suivant !
Je quitte le bureau de poste ravie, comme entre temps il s'est mis a pleuvoir a verse, je vais dans un cafe internet tenter de mettre a jour mon blog (mais le reseau est super lent...) puis je rentre diner au Tipanie avec toute la petite troupe.

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Jour 3 : Rano raraku, la fabrique de Moai

 

 

Jour 3 :

Ce matin, il fait beau. Enfin...il ne pleut pas. Pour etre tout a fait exact et precise, il bruine a peine.
Mais vers le nord, il semble y avoir un bout de ciel bleu et au nord il y a Rano Raraku, denommee "la fabrique de Moais" et Tongiriki, le site le plus importants de Moais restaures (15 pieces tout de meme, merci le Japon) et aussi la magnifique plage se sable blanc d'Anakena avec ses dizaines de cocotiers importes de Tahiti.

Je vais me faire un the a la cuisine cette fois ci Miyuki y est deja. Elle me laisse pour aller prendre sa douche et arrive un homme en short et chemisette Guess. Il se dirige vers moi et avec un fort accent ibere me tient la conversation suivante (en espagnol dans le texte mais je suis sympa, je traduis) :
- Bonjour (lui)
- Bonjour
- Tu voyages seule ?
- Oui (le matin, je suis laconique, surtout a jeun...)
- Moi aussi je voyage seule. Je t'invites a diner ce soir (notez-bien l'absence de mode interrogatif dans cette phrase...y'en a qui ne doutent de rien...)
- Non merci
- Pourquoi?
- Parce que je ne prends aucune decision avant le petit dejeuner (oui, le gars a reussi a m'agacer en moins de 5mn)
- Bon, ben puisque c'est comme ca, je m'en vais
- ... (Repondre a ce stade n'aurait fait qu'envenimer les choses)

Bien sur, je raconte l'histoire au petit groupe lorsqu'il arrive pour le petit dej (Ahh, Micka et ses Chocopops...), ca les fait bien marrer et je trouve un surnom pour le gars : "El hombre caliente".

Je pars a pied pour ma rando du jour. Il n'y a que 14 kilometres a faire (une broutille ;-D) jusqu'a Rano Raraku, de la, je ferais du stop.

Je remonte la route principale de l'ile qui longe l'aeroport puis je me dirige vers el sendero costero. Le paysage sauvage et desole est superbe. Des vaches paisent dans les pres et il y a meme 2 ou 3 taureaux noirs assez impressionnants (et bien sur je porte un tee-shirt rouge...). Je passe devant un site au Moai tombe non restaure tres beau.

Bien entendu, au bout d'une heure il commence a pleuvoir et c'est la que je me rends compte que mon k-way en principe impermeable que je me trimballe depuis 4 mois au fond du sac a dos, n'est pas impermeable du tout (un autre magnifique chapitre de "Martine fait de la rando"...). Au bout de 10mn, je suis trempee comme une soupe et j'ai de la boue jusqu'en haut des mollets.

Un pick-up s'arrete a ma hauteur et un gentil petit vieux a casquette me demande ou je vais. Il m'embarque dans sa voiture. Carlos habite sur l'ile depuis une trentaine d'annees. Il a epouse une locale et s'y est installe. Ingenieur, il travaillait pour la municipalite, a present a la retraite, il continue a faire des missions ponctuelles pour eux. Aujourd'hui, il est en chemin vers le nord pour verifier que les trois employes municipaux qui sont censes nettoyer la cote sont bien au travail en train de travailler (...)
Gentiment, il fait meme un petit detour pour me deposer a l'entree meme de Rano Raraku ou grace a lui, j'arrive avant les gros cars de touristes que nous avons passes en chemin.
J'ai bien eu raison de sortir ce matin, il fait un temps superbe au nord de l'ile :-D
Je prends un snack leger avant de commencer la visite (oh, rien de lourd, juste une enooorme empanada frite au fromage et crevettes...)
Je me dirige d'abord sur le cote droit du site avec ses moais majestueux sortant de terre comme s'ils venaient d'avoir ete sculptes. Il y a tres peu de visiteurs et le site a une sorte d'ambiance mystique. Chaque statue a ses propres catacteristiques :hauteur, largeur du visage, forme de celui-ci. Ce qui est logique car elles representent un des dignitaires ou des guerriers du village qu'elles etaient censees proteger. En finissant mon parcours, je tombe sur Ladie et Marco qui sont en voiture et me proposent de me joindre a eux pour aller vers le nord de l'ile.

Je me dirige ensuite vers la lagune au centre du cratere de volcan eteint qui constitue la montagne (incomprehensible cette phrase...). La lagune au milieu des hautes tiges de totora etincelle d'un bleu profond superbe.
Au fond du cratere, d'autres Moais disposes en arc de cercle, malheureusement on ne peut pas s'en approcher.
Je m'assied pour admirer la lagune. Arrive une famille accompagnee par un guide. Pendant qu'ils prennent des photos, le guide commence a me parler. Il a vecu 6 ans a Lilles ou il a suivi son amoureuse, une touriste francaise venue visiter l'ile. Il a passe un master d'espagnol. Il a aime la France mais l'a quitte car il ne supportait plus le regard des lillois sur lui (son physique est typique de l'ile de Paques ou les hommes sombres de peau portent les cheveux longs en petit chignon haut et tatouages polynesiens bien visibles). Il a souffert de la xenophobie de certains. Malheureusement lorsqu'il a propose a sa fiancee francaise de venir s'installer quelques temps a l'Ile de Paques, elle a refuse. Il est donc rentre seul et il a monte son agence de tourisme qui marche bien car il parle aussi le bresilien (amoureuse bresilienne...) et l'anglais (amoureuse americaine, la chasse a la touriste est effectivement un sport local...)
Il m'explique que c'est dans cette caldeira que se tiennent les joutes sportives du Tapati, LE festival de l'ile (qui commence debut fevrier).
Les jeunes hommes en competition (qui portent des pagnounets riquiquis) doivent construire une pirogue en totora, traverser le lac avec, retraverser le lac a la nage, et en faire le tour avec deux regimes de bananes de 20kg chacun sur les epaules. Epuisant rien que de l'ecouter.
On se quitte bons camarades car lui doit continuer son tour avec son groupe alors que je dois rejoindre mon petit couple de chiliens qui m'attends sur le parking.

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Apres 5 minutes de voiture, on atteinds Tongariki, l'un des sites les plus importants de l'ile avec ses 15 Moais restaures. C'est grandiose. Les statues font entre 5 et 11 metres de haut et vous dominent de leur grandeur. Bon, en meme temps, c'est l'effet recherche puisque les statues faisant face aux villages de ceux qui les avaient errigees etaient censees proteger ceux-ci de leur mana. D'ou le fait que la pluspart de ces statues soient renversees. Lors des guerres ayant oppose les villages entre eux, les ennemis "detruisaient" ainsi cette protection.
Plein de photos de Moais et de chevaux sauvages plus tard, on rembarque dans la jeep direction la plage d'Anakena.

On fait un petit arret a Papa Vaka, un site ou de nombreuses pierres gravees donnent une idee du mode de vie et des croyances des pasquans : bateau, poissons, baleine, tortue, sont representes sur les grosses roches plates. Qui debarque a ce moment la : el hombre caliente avec une pascuane d'une quartaine d'annees avec lui. Soudain, il lui saute dessus pour l'embrasser, elle se degage en gloussant et poussant des petits cris : enorme !

 

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On reprends la jeep que l'on embourbe dans 30 cm de boue en plein milieu de la route, un taxi nous degage avec un grosse corde sortie de son coffre : il doit avoir l'habitude.

Le ciel s'est couvert progressivement et il est bien gris lorsque nous arrivons a Anakena. Ladie va se changer aus toilettes et qui est la qui fait la queue : el hombre caliente qui bien entendu commence a brancher la pauvre Ladie tandis que l'on se marre avec Marco

On va se poser sur la plage apres avoir achete des empanadas camarones i queso chez Lidia, La reine de l'empanada, mais il se met bientot a pleuvoir a grosses gouttes et on retourne s'abriter sous l'auvent du kiosquo puis on reprends la jeep pour rentrer.

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Au village, bizarrement, il fait beau. On decide donc d'aller voir le coucher de soleil a Tahai. Je pars un petit peu en avance afin d'aller faire quelques courses. Sur le chemin, je tombe sur une repetion de danse au gymnase municipal en preparation du festival. C'est assez sympa a voir d"autant qu'il y a une groupe plutot bon qui joue de la musique en live. En revanche, les danseurs ne sont pas super prets, y'a du boulot avant le festival !

 
Sur le chemin de Tahai, je m'arrete pour une glace et pour prendre des photos du magnifique cimetiere de l'ile.
 
Je m'installe pour le spectacle du coucher de soleil bien vite rejointe par Ladie, Marco, Micka et un couple argentin Adriana et Alejandro. Au fur et a mesure que le soleil se couche, le ciel semble prendre feu. Micka courre dans tous les sens avec son super appareil photo pour avoir la meilleure photo possible.

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Apres le coucher du soleil, diner tranquillou puis je vais me coucher tot car demain il est annonce beau temps et donc on decide de se reveiller super tot pour aller voir le lever du soleil sur Tongariki.