Réveil à 5h car je veux voir le lever de soleil sur la jungle du haut de la tour d'observation (je vous rassure, je suis la seule dingue du camps à faire ce genre de choses...) et nous sommes au niveau de l'equateur donc le soleil se lève tôt.

Et je suis servie, je vois des oiseaux : hérons, perroquets, toucans alors que je suis seule puis encore plus de bêtes à plumes et des singes noirs avec Neiser (pour les montrer) et deux autres touristes qui me rejoignent sur la plate-forme vers 6h30. Comme le guide se comporte normalement, je me dis que j'ai du rêver hier et que le gars était aussi au second degré (bizarre quand même pour un equatorien... mais bon...)..

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Le petit dej est très bon : empanada au fromage, melon, jus de tomatillo et toasts. J'adore cet endroit !

Ce matin, nous allons visiter la communauté Siona qui nous abrite sur son territoire. En chemin une pluie drue mais chaude se met à tomber (et dire que j'avais changé de pantalon pour rencontrer le chaman avec un truc à peu près propre sec et sans boue) elle est réconfortante étonnamment. Je me sens bien dans la forêt amazonienne. Je pense même que je vais y revenir pour y passer le nouvel an.

En chemin le long du Rio, des oiseaux et un "nid" avec 3 singes.

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Nous arrivons au village de Santo Domenicano de la Communauté Siona.
Nous sommes accueillis par les enfants et Nacho le singe qui fait ses singeries, grimpe sur tout le monde avec sa toison pleine de pluie et de boue qui pue. Bref, de gros fous rires avec Felix, Julie et Anaka la neerlandaise qui a rejoint notre petit groupe avec ses parents (ils sont arrivés hier mais ils ne restent que 2 nuits donc ils font le parcours en version express).

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Neiser nous montre les petites plantations locales : café, cacao, papaye, gingembre et autres fruits exotiques. Nous goutons un sorte de fruit pourpre de la taille d'un gros raisin et qui pousse en grappe que je n'avais jamais goûté avant. C'est acide, cela ressemble un peu à du raisin noir d'ailleurs. L'enveloppe blanche et duveteuse du cacao est legerement sucree et fond comme du sucre candi dans la bouche.

 


Nous rejoignons ensuite Margarita qui nous montre toutes les etapes de fabrication du, pain au yuca (manioc local). Identification et collecte de la racine, replantage (en 7 mois la plante repousse, la planter peu profond et couchée les pousses vers le haut...), epluchage, etapes de fabrication de la farine (rapage, essorage, tamissage) et de cuisson de la galette ou DES galettes plutot car nous nous en partageons 4 grandes à nous huit (enfin, neuf avec le guide) avec du thon et de la confitude de fraises.
Tout est fait à partir de plantes de la jungle. Essoreuse à yuca, plats en terre cuite fait à partir de la glaise trouvee dans la riviere, eventail en plumes servant à ranimer le feu et à enlever les impuretes de la galette, calebasses en guise de recipients et d'ustensile, farine de yuca, pain cuit sur un plat en terre cuite sans rien. Bref : comment vivre dans la jungle, de la jungle en harmonie absolue.

Nous repartons en bateau dans un autre village rendre visite au chaman.
Bien entendu, je me porte volontaire pour me faire chamaniser car les autres sont moyennement chauds (bah, au pire ca guérira ma tumeur au cerveau...). Alors nous n'avons pas droit à la fameuse plante alcaloide hallucinogene qui aide à la communion des chaman avec la nature mais c'est bien tout de même et le chaman a l'air très gentil. Ce que je trouve bien c'est que lorsqu'ils savent que leurs connaissances sont limitées pour traiter certains cas (notamment chirurgicaux), ils envoient direct le patient à l'hôpital.

Nous entamons une petite marche dans la jungle avortee pour cause de piste mangee par la nature. Nous prenons un bateau conduit par les enfants du chaman afin de rejoindre le notre qui nous attendait au bout de la fameuse piste que l'on n'a jamais trouvée.
Nous nous reposons durant une heure puis nous nous dirigeons vers le bateau pour aller admirer le coucher de soleil sur la lagune. Alors la, je n'ai pas trop compris le truc. Je me retrouve encore seule avec le Neseir (les autres sont à 5 metres à tout casser mais en haut des marches du ponton alors que nous sommes en bas de celles-ci). Et la pepere pete un cable (je ne vois pas d'autre explication). Me regarde avec des yeux de braise (que je tente d'eviter du regard car trop bizarre le Casanova de la Selva), me prend la main, me dit un truc du style "Je veux venir avec toi à l'autre bout du monde" (en espagnol dans le texte...) et direct me mordille l'épaule (WTF... ???!!!???).
Dieu merci, le reste du groupe arrive et je m'en tire encore en me marrant avec une pirouette mais la, c'est le pompon de la journée !
Je me met bien à l'arrière du bateau (le guide s'assied en général à l'avant) près du papy neerlandais du groupe histoire d'éviter plus d'ennuis pour la journée... C'est le chaman qui m'a chamanisé qui a loupé son coup ! Je pensais que ce truc était censé vous porter chance...
J'admire le lac et le coucher du soleil au son de mon walk-man histoire de me remettre de mes émotions.

Après l'un des couchers de soleil les plus beaux que j'ai vu de ma vie (je regrette de ne pas avoir pris mon maillot de bain pour me baigner), nous repartons à la recherche d'anacondas (un) et de caymans (plusieurs) à la lueur de nos torches. Comme le Neiser est brillantissime et excellentissime, nous en trouvons plein alors que certains autres groupes rentrent bredouilles.

Nous rentrons pour notre dernier savoureux diner avec tout le groupe, j'evite soigneusement de rester seule avec le guide histoire de ne pas avoir l'air de l'encourager à quoi que ce soit.

Je vais me coucher tôt car j'aimerais bien revoir le lever du soleil demain.

NB : cette histoire m'a rappelé ce sketch des années 80 avec Guy Bedos et Sophie Daumier que je trouve à mourir de rire depuis mon adolescence. Je vous met le lien Youtube, cela vaut vraiment le coup. Toute ressemblance...

http://www.youtube.com/watch?v=Q__RO4pKJZk