DSC08487Bus de nuit donc pour Guayaquil. Je serais bien descendue à Machala, une ville à 4h de route au sud mais d'une part mon bus ne s'y arrête pas (ce qui peut toujours s'arranger, je ne suis pas dans un avion...) et d'autre part, on y arrive à 4h30 du matin et ca en Equateur, seule, c'est un no no.

Ma première destination en Equateur est Cuenca, une ville classée au patrimoine mondial par l'Unesco. L'objectif est de rejoindre Quito assez rapidement pour booker mon bateau pour les Galapagos et changer mon billet d'avion si nécessaire puis de me trouver un trek de quelques jours dans la jungle equatorienne. J'aimerais bien aussi aller à El Mitad del Mundo, l'endroit ou passe l'Equateur. Un peu kitch mais je voudrais essayer le coup de l'oeuf qui tient debout tout seul sur la ligne qui sépare notre monde en deux ! Bah, le kitch n'a jamais tué personne !

Je suis assise au premier rang du bus au premier étage, face au pare-brise. Si le bus se plante, je mourrais en premier avec le chauffeur. Ce qui n'est pas rassurant ce sont les deux fissures qui ornent le pare-brise face à moi... Je boucle ma ceinture au cas ou il y aurait un coup de frein intempestif.

A coté de moi, 3 jeunes français entre 20 et 22 ans (j'ai l'impression d'être leur mère !). Ils ont acheté un King Kong la spécialité de Chiclayo : une tranche de 1cm de sablé au beurre surmontée de 2cm de Manjar Blanco puis une tranche de sablé, 1cm de confiture d'ananas et une tranche de sablé. J'ai essayé dans le bus de Trujillo. Écoeurant après 3 bouchées... En même temps, comme chaque bouchée fait 100 calories, ce n'est pas plus mal...

Un passager vient s'asseoir à coté de nous pour voir le coucher de soleil. Il est coiffé comme Tahiti Bob, le méchant qui veut tuer Bart dans les Simpsons. Et bien sur il parle français (sic) donc il comprend ma remarque à ce sujet lorsque je la fais à mon voisin... Bizarrement, ca le fait moyennement rire... Bah, lorsqu'on n'a pas le sens de l'humour, mieux vaut aller chez le coiffeur...

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Je passe le temps à tricoter mon écharpe, écrire ce post pour le blog sur mon blackberry (et les deux sur Chiclayo, ce qui explique pourquoi je suis si prolixe...) et à écouter Le Masque et la Plume en podcast. Je suis en retard sur leur écoute, j'en suis à mai 2010, à l'époque j'étais à Jersey et j'ai apparemment manqué beaucoup de films et de pièces de théâtre très bien...

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Sur la télévision du bus on enchaîne les films qui se passent à Noël (cela doit être un DVD pirate thématique...). Mais comme le bus est bien pourri (j'avais pourtant juré que je ne reprendrais plus CIVA après mon trajet Cusco/Pisco, la compagnie la moins chère mais la plus aléatoire du pays, selon les peruviens eux-mêmes...) à l'avant on a le son mais pas l'image et à l'arrière l'image mais pas le son... Du coup je me met à l'arrière pour pouvoir écouter mon Ipod parce que devant c'est "Hoh, hoh, hoh !", "We wish you a merry Christmas" et autres "Delibes" à fond la caisse sans que l'on sache pourquoi et dans quel contexte...

Arret à Piuré puis à Tumbes pour récupérer d'ultimes passagers puis passage de frontière peruvienne en pleine nuit (honnêtement je suis tellement dans le paté que je suis incapable de dire ou et à quelle heure et apparemment je ne suis pas la seule à vouloir retourner dormir car jamais passage de frontière n'a été aussi rapidement expédié...)

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A 3h, nous arrivons au poste frontière equatorien et la, personne, juste un énorme bâtiment blanc très moderne, une tele ecran plat avec une émission de National Geographic sur les animaux les plus dangereux d'Amérique et plusieurs écrans d'ordinateur sur lequel s'epanouit la fleur Windows. Il fait une chaleur etouffante.


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Un employé qui entre nous dit que la policière des frontières est en train de dormir et qu'elle arrive dans quelques minutes. Le chauffeur de bus fait la tete et gromelle (mais pas trop fort car il ne faudrait pas qu'elle l'entende et se fâche...). Après 30mn d'attente, toute la file est blême, les yeux rivés sur les animaux les plus dangereux d'Amérique et leurs images de reconstitutions d'attaques d'araignees venimeuses, d'abeilles tueuses, de cayman, de serpents à sonnettes, etc.

La nana se pointe vers 4h du matin, maquillée comme pour aller danser un téléphone portable rose bonbon à la main, elle s'installe tranquillement sous une pancarte qui dit : "Police des frontières equatorienne, plus agile et plus efficiente" (je me demande si l'ironie de la situation ne frappe que moi, en tout cas, il n'y a que moi qui ricane... Les autres tirent une tronche de 2 pieds de long, peut-être à cause des abeilles tueuses?). Après 10mn de tentative, son logiciel ne semble pas vouloir démarrer, elle nous fait donc ca à l'ancienne : coup de tampon et question du type : vous êtes-vous déjà fait refouler à la frontière equatorienne ?

Je me reveille aux petites heures du matin alors que le bus traverse les plaines luxuriantes du sud du pays. Cela fait bizarre d'autant que je me suis couchee en plein desert cotier peruvien. Les maisons sont sur pilotis (cela vaut mieux avec El Nino).

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Arrivée à Guayaquil (ahbendidon, il y a plus moche que les villes du nord du Pérou...), énorme ville industrielle, sale et pas très jolie en début de matinée, le terminal est grand mais rassemble toutes les compagnies de bus, pratique pour enchaîner sur Cuenca avec une autres compagnie dans cette ville qui a la réputation d'être la plus dangereuse d'Equateur (avec pickpockets, agressions à l'arme blanche, ou pas blanche..., enlèvement et séquestration de touristes par leurs taxis qui pillent le compte bancaire dudit touriste et tout le toutim...).

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