Je me suis couchée très tard hier (la faute à Nicolas Bouvier et ses aventures Moyen-Orientales drôles et passionnantes...) mais je me lève tôt ce matin car il faut que je prenne ma douche, fasse mon sac, check-out de mon hostel, passe à la poste, achète mon ticket de bus pour Trujillo et trouve un transport pour la Cordilliere Blanche, tout cela avant 9h du matin.

Bon, en speedant, cela passe, de justesse mais cela passe. Je négocie dur mon tour et j'arrive à l'avoir à 30 soles au lieu de 60 prix affiché (message perso : Jacques, prends en de la graine, voilà comment on jugule l'inflation des services touristiques, pas en payant le prix d'un demi-cheval à chaque fois que l'on emprunte une carriole indonésienne...)

Départ du tour à 9h30 dans un bus ou je suis la seule non peruvienne :-D
Le guide du jour s'appelle Robin.
C'est grandiose, il nous fait nous présenter les uns après les autres : nom, ville,...Il y a plein de gens de Lima venus pour le WE : Rafael, Marta, Anabel, Carlota, Illitch (ouch, un dont les parents sont de fervents communistes?), Pablo, etc. (Je ne vais pas vous faire la liste, on est 28 dans ce bus), et à chaque personne qui se présente, tout le monde applaudi... Bah, ca fait passer le temps durant le début du trajet.

La cordilliere noire fait 130 km de longueur. Son point le plus haut est à 5175m (Rocare). Elle est appelée "noire" car contrairement à la cordilliere blanche, elle n'a pas de sommets enneigés.

Nous longeons le Rio Santa qui sépare les deux cordillieres, il fait 340 km de long et se jette dans le Pacifique (c'est donc un fleuve). Il prend sa source dans la Laguna Conocotcha , comme la cordilliere noire qui commence ici. La traversée du callejón de Huaylas (nom donné à la vallée de Huaraz)
est très agréable.

On se dirige ver le Huazcaran (6768m) le sommet le plus haut du Perou, l'Alpamayo (5947m) est derriere nous.

Nous faisons un premier arrêt à Carhuaz (qui vient du quechua "carhuash" signifiant jaune, ce nom est du à l'abondance de fleurs jaunes de Retama qui au printemps et en été donnent à la ville une fragrance incomparable) un village spécialisé dans la fabrication de glaces, manjar (nom de la confiture de lait au Pérou) et confitures de fruits artisanales garanties sans conservateurs. Et ici TOUT le monde mange des glaces, les touristes, les locaux, les chauffeurs de moto-taxi, les paysanes en chapeaux et leurs gamins, les policiers municipaux, tout le monde.

 

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Deuxième arrêt à Yungay, le Pompei peruvien (enfin, pas tout à fait... il n'y a pas encore eu d'excavations...).
En 1970, un tremblement de terre d'une magnitude de 7.9 a secoué la région. Un bloc de glace et de neige de 8 millions de tonnes s'est détaché du sommet du Huazcaran se précipitant à une vitesse de plus de 400km/h sur le village de Yungay (ramassant au passage plus de 20 millions de tonnes de terre et de pierres), l'ensevelissant et tuant ses 20 000 habitants en moins de 5 minutes. N'ont survécu à cette catastrophe que trois cent enfants qui étaient au stade en train de regarder un spectacle de cirque et (ironiquement) les personnes visitant le cimetière situe sur une butte. Certainement un des endroits les plus mélancoliques du pays. Des milliers de plantes à moitié desséchées ont poussé sur le terrain sous lequel reposent les corps, les habitations et commerces.

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La pause dejeuner se fait sur le chemin de la vallée de Llanganuco, objectif de notre tour. Je commande deux plats typiquements de la region : des chicharonnes con mote et un choclo con queso. Pas mauvais mais pas exceptionnel non plus.

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Nous entamons une longue montée en lacets jusqu'au portachuelo de Llanganuco où nous attend l'une des plus belles vues de la cordillère : à gauche, le Huascarán ; à droite, séparés du Huascarán par la profonde entaille de Llanganuco et ses lacs vert émeraude, les sommets du nevado Huandoy, le Pisco et l'arête dentelée du magnifique Chacraraju.

Après une heure de route, nous atteignons la laguna Llanganuco, superbe lac turquoise, enclavé entre deux parois granitiques qui le surplombent. Nous nous y arrêtons une heure ce qui permet d'en longer le bord en admirant le paysage.

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Les deux derniers arrêts du tour sont pour :

- une fabrique de manjar, de confitures et de turron (caramel local, très différent des turrones espagnol, quoiqu'il y ait tellement de sortes de turron en Espagne que ce ne soit pas une affirmation facile). Assez astucieux pour remonter le moral de tout le monde un peu plombé par la visite du matin. Dégustations (oui, oui, au pluriel...) incluses. Miam !
- une fabrique de poterie ou nous avons droit àune démonstration de fabrication d'un pot très harmonieux.

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Nous rentrons vers 20h ce qui me laisse juste le temps d'aller diner chez Brenda d'un délicieux menu à 5 soles avant d'aller prendre mon bus pour Trujillo.

Une idée des prix en 2012 :
Tour laguna Llanganuco : 30 soles (durée 8h +guide) + 5 soles d'entree au parc national
1 timbre pour l'Europe : 6 soles (le prix d'un repas, ridicule...)