Souvent, lorsque l'on dit que l'on fait un tour du monde, les imaginations debridées se déchaînent. J'ai eu droit à tout : l'article de magazine sur les tailles de penis par pays (???!!!???), les allusions sur le guide des meilleures destinations pour lever un mec que j'allais pouvoir écrire en rentrant, voire au fur et à mesure de mon voyage (sérieux ????!!!???), le "n'oublie pas de te protéger" (???!!!??? Merci maman), bref, à croire que soudainement, j'allais me transformer en Jessica Rabbit à même de lever tous les hommes de tous les pays que j'allais traverser (Mmmmmhhhh un ouzbek, mon rêve... 10 cm en moyenne...bah, tant pis...).

Je pense que lorque l'on dit que l'on part en voyage, le commun des mortels imagine ca :

 

La réalité est souvent plus compliquée, notamment car la voyageuse (surtout si elle enchaîne les treks de 4 jours, les voyages en bus et les nuits en dortoir mixtes de 8 personnes) est loin d'être glamour.

Tout d'abord, je suis désolée mais quand on ne porte durant 1 an que 3 paires de chaussures dont une paire de tong, on ne sent pas bon des pieds. On a beau enchaîner les semelles au charbon desodorisantes, après 4 jours de treks avec mes grosses chaussures de rando de 600 grammes chacune, ben celles-ci, elles ne sentent pas les primevères.

Toujours sur le thème des pieds (non, ce n'est pas une obsession...), 85 km en 4 jours c'est dur pour les jambes, mais c'est encore plus dur pour les petons. J'ai tellement d'ampoules que je pourrais illuminer les Champs Elysees à Noel. Mon gros orteil gauche n'a toujours pas retrouvé toutes ses sensations depuis Torres del Paines (bon, faut dire aussi que j'ai enchaîné Los Glaciares deux jours après...).

En outre, on a des bleus partout mais surtout sur les jambes. Entre glissades ou mauvaises réceptions sur la caillasse, sac à dos que l'on sort du bus un peu trop precipitament, les lits une place à barreaux mal placés, 20% de la surface de mes jambes environ ne sont plus blanches mais à divers stades de bleu, violet, vert et jaune (tres joli lorsqu'on aime les couleurs froides).

DSC01146DSC01149

 

Tiens en parlant de mes jambes. LE sujet "épilation". Celui dont on ne parle JAMAIS devant les garçons (enfin... normalement...).

Sortie du Brésil (ou ils pullulent) et de Buenos Aires, je n'ai pas réussi à repérer un salon. Pas possible de faire ca à l'épilateur dans le dortoir avec 4 mecs qui dorment à coté, reste le rasoir. Une précision, je ne pars pas en trek avec mon rasoir. Bon, en même temps comme j'ai des bleus partout, il vaut mieux que je reste en pantalon...

IMG_0659.JPG

 

En parlant de pantalon, comme ici il fait plutôt froid et qu'il y a des bebetes dans les parcs nationaux (j'y reviendrais...), ben je trekke en tee-shirt manche longue et pantalons. Mais le soleil tape.
Résultat, malgré l'écran total consciencieusement tartine 3 fois par jour, j'ai un bronzage superbe qui s'arrête à la base de mon cou et à mes poignets...jambes, bras et reste du corps sont tout blancs donc (ca va bien faire son effet lorsque je vais arriver à Tahiti. Avec ca, je vais bien arriver à lever au moins un vahiné... Cf premier paragraphe.)

Pour rester sur le thème des manches longues. C'est la meilleure protection contre les piqûres d'insectes lorsqu'on n'a pas envie de mettre de l'anti-moustique en plein jour. Surtout que le 5 sur 5 crée une réaction chimique un peu étrange lorsqu'on le combine à de l'écran total (ca brule à mort et ca me laisse des plaques rouges...). Mais bon, les vêtements longs, ca ne protège ni le cou ni les oreilles (et les insectes chiliens et argentins, pas cons, l'ont bien compris). D'ailleurs, depuis le parc national Los Glaciares, le lobe de mon oreille droite est gros comme une cerise et présente à peu près la même couleur (et en plus ca gratouille horriblement).

DSC01312DSC02756

 

De surcroit, on n'a que 5 tee-shirts et 3 pantalons (dont 1 de trek complètement informe comme les aime Elsie...). Donc d'une, on ne les lave pas tous les jours (cf 3eme paragraphe...). Et de deux (et c'est ca le pire), ca finit par nous aller tout à fait. Personnellement, depuis 2 semaines, je suis désormais persuadée que 3 jours d'aération dans le filet à linge sale que j'ai toujours dans mon sac, reviennent presque à laver un tee-shirt (... :-D...)
D'ailleurs, le critère pour déterminer si un vêtement peut être porté ou pas n'est plus : "l'ai-je déjà mis une, deux, voire trois fois"(voui, voui...), mais "bon, est-ce que ce tee-shirt sent plus la transpiration que le deo? Non ? Aaaahhh un tee-shirt (presque)propre!"(...)

DSC01958

 

Ah, j'allais oublier le pompon. Lorsque tu voyages et tu trekkes, tu as toujours (toujours !) un rouleau de PQ dans le sac à main ou la poche arrière. Toujours parce qu'il n'y en a pas dans 50% des toilettes ou tu vas aller : gare routiere, camping ou même parfois hostel. Et ca, plus glamour tu meurs. Parce qu'en general un gros rouleau de PQ bien blanc, quand tu ouvres ton sac, l'homme de ta vie potentiel, il LE VOIT...

Bon, je pense avoir suffisamment écorné le mythe comme cela (voire l'avoir complètement tué), donc je ne vais pas épiloguer sur les cheveux comme de la paille et la peau sèche et rèche comme celle d'un croco centenaire, mais vous avez bien compris l'idée : voyage au long cours est bien le contraire de glamour (du moins pour moi... Mais je suis certaine qu'il y a des nanas qui trouvent le moyen de rester superbes même après un trek intense de 10 jours dans le désert... ouais, pas moi...).

PS : faites-moi penser à bruler mes vetements de voyage lorsque je rentrerais !