DSC03000Reveil à 7h. Je prends mon sac et prends le sentier menant a la Laguna Torres qui donne un bon point de vue sur les fameuses Torres.

Le chemin est plutôt facile, le denivele assez faisable en marchant d'un bon pas. Je m'arrête à mi-chemin afin de grignoter quelques crackers. Soudain j'entends des caquetements d'oiseaux très sonores et je vois trois gros volatiles passer d'un arbre à l'autre. Je m'approche en silence et entends un autres bruit caractéristique, celui d'un bec qui frappe contre un tronc. Ce sont des piverts. Il y en a 3 et ils sont magnifiques. Les femelles sont noires et le male est noir avec une tête rouge carmin (un peu comme Woody sauf que le corps de Woody, une de mes idoles avec Homer Simpson, était d'un beau bleu roi). Ils toquent contre le tronc des arbres et en détachent de gros morceaux d'ecorce. Je reste bien 20mn à les observer jusqu'à ce qu'un groupe de 3 randonneurs allemands arrive en parlant fort. Les 3 volatiles s'envolent et disparaissent dans la profondeur des bois.

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Le ciel se dégage peu à peu au fur et à mesure que je m'approche de la laguna. Enfin, sauf les Torres qui de dégagées alors que j'étais sur le chemin passent dans la brume...

 

 

Je prends quelques photos, j'admire le paysage de la lagune sur laquelle flottent de gros blocs de glace (20% dessus 80% dessous), je mange un peu de glace (je n'ai plus d'eau et le torrent à proximité a une drôle de couleur verdatre alors que la glace qui flotte sur la lagune est super transparente...et j'ai soif !) puis je repars pour ma prochaine etape : le campement Poincenot à 14km ou je vais planter ma tente pour la nuit.

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Le chemin du campement longe les lagunas Hija et Madre de deux teintes de vert différentes et révèle un panorama superbe sur le Fitz Roy et les monts alentour.
Le soleil brille, seuls quelques nuages orphelins troublent le ciel d'un bleu eclatant. Je n'arrive pas à effacer le sourire beat que j'ai sur les levres...
J'arrive à Poincenot vers 17h (j'ai un peu trainasse mais le paysage était si beau !). Je monte ma tente en vitesse, y met mon sac à dos et commence mon ascension vers la laguna de Los Tres, mirador d'exception du Fitz Roy puisqu'elle est à sa base.

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La montée de 2km avec un denivele de malade est épuisante. Je gravis les rochers en granit, les marches artificiellement sculptées dans la pierre et la caillasse. Je parviens au sommet vers 19h essoufflée et très fatiguée après 27 km de marche depuis le début de la journée. Mais le panorama est royal. La lagune est non seulement gelée mais également recouverte de neige. Le Fitz Roy est grandiose dans la lumière de la fin de journée et je suis seule sur le site (la plupart des autres touristes, visitant le site lors d'excursions a la journée, ils ont quitte l'endroit depuis au moins 2h.

J'admire le panorama, descends vers la lagune et en fait le tour afin d'aller voir le glacier à cote et l'autres lagune une cinquantaine de mètres plus bas qui normalement a une magnifique couleur emeraude (dixit mon Lonely Planet) mais la est complètement gelée.

Puis je redescends bien vite car le soleil se couche et j'ai bien entendu (mon cote Martine fait du camping...) oublié ma lampe frontale à El Calafate.

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J'en profite pour visiter les toilettes. Elles ne sont pas sales contrairement à ce que m'avais dit ma compagne de chambre US, pour la bonne raison qu'il n'y en a pas. Ce que le parc appelle "toilettes" consiste en une cabine avec un gros trou perce dans le sol. Et toutes les déjections tombent dans une sorte de cuve 2 mètres plus bas (dont on vois tout le contenu.... claaasse). J'avais déjà vu ca dans la campagne chinoise donc je ne suis pas trop choquée et je m'accommode plutôt bien de la chose (mieux qu'en Chine en 2001 ou j'avais bien failli rendre mon petit dej sous l'effet de la surprise ou de l'horreur peut-etre à la vue des gros vers blancs à l'oeuvre dans le tas de m...). Et puis comme il gèle, cela ne sent pas trop donc ca me va (1 mois et demi et je suis devenue hardcore...) mieux que l'alternative suivante proposée par le parc (...) avec l'avertissement qui va avec (si vous ne comprenez pas, demandez...)

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La nuit est très très froide, je le sens malgré mes deux sacs de couchage. Au réveil, la condensation trempe ma tente. La rosée gelée forme un voile étincelant sur l'herbe et les branches des arbres.

Je déjeune de crackers tartines de thon en boite (ben oui... à la guerre...), mon dîner de la veille que je n'ai pas mangé, et d'une pomme. Je pars pour Piedras Blancas, un petit lac gelé dans lequel se jette un petit glacier (rien à voir avec le Grey ou le Perito Moreno). Le chemin est difficile : pieraille de plus en plus grosse jusqu'à arriver à de très gros blocs de roche qu'il faut escalader. Je ne suis pas toujours rassurée donc je progresse lentement jusqu'à parvenir à la laguna qui malheureusement est gelée.

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Je regarde le glacier puis je repars pour le campement déjeuner, ranger le barda et la tente pour pouvoir redescendre à El Chalten durant l'après-midi. Mon bus pour El Calafate est à 18h30, j'ai donc le temps de m'acheter une glace au Dulce de Leche et amandes (Mmmhhhhh).

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Une fois dans le bus, qui vient s'asseoir à cote de moi ? La Guardaparque qui m'a renseignée l'avant-veille.
Andrea est arrivée à El Chalten il y à 9 ans de Buenos Aires. Elle a fait des études de tourisme puis est venue à El Calafate. Comme cela lui semblait encore trop grand, elle a déménagé à El Chalten pour d'abord y travailler dans une agence puis après 2 mois de benevolat au parc national s'y faire embaucher. Depuis elle apprends la biologie sur le tas.
Toute sa famille est à Buenos Aires, seul son fiance (originaire de Rosario) est à El Chalten. Mais il est vrai que la ville n'a été créée qu'en 1985 par le gouvernement argentin désireux d'établir sa suprématie sur la région avant le Chili (un peu comme dans Civilization, pense-je... ben oui, on peut avoir un jeu vidéo comme référence culturelle... ).

On parle des campamento. Elle me dit que l'été dernier, comme Torres était en proie à l'incendie ravageur dont je vous ai parlé, beaucoup de randonneurs sont venus à Los Glaciares à la place. Il y a eu jusqu'à 100 tentes par soir à Poincenot (3 la nuit ou j'y étais ! Rien ne vaut les voyages hors saison, même si certaines lagunes sont gelées).

Nous arrivons à El Calafate non sans un arret à un cafe au milieu de nulle part qui cultive sa nostalgie pour Butch Cassidy qui y a séjourné entre deux attaques de banques. 

 

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