Reveil assez violent a 3h30 du matin.
Violent car mon hotelier tambourine a la porte de ma chambre alors que je suis plongee dans le plus delicieux et profonds des sommeils depuis mon arrivee en Indonesie. Sans doute grace au froid (je suis comme le poisson pane, je me conserve mieux quand il gele). Enfin, froid, tout est relatif, il doit faire 10 degres. Ridicule par rapport aux -25 des nuits boliviennes.
Je ne realise pas tout de suite qu'il n'est que 3h30. J'avais mis mon reveil sur 3h45 jugeant que 15 minutes etaient bien suffisantes pour m'habiller et me brosser les dents ( je n'avais pas l'intention de prendre un douche froide par 10 degres, l'experience de la veille ayant laisse mon pauvre corps traumatise et transi pour au moins 30 minutes).

Du coup, le coeur battant, pensant que mon reveil ne s'est pas declenche, je m'habille en hate et sort tres vite de ma chambre pour me diriger vers les jeeps, desertes sauf deux pauvres allemandes transies...
C'est la que je regarde l'heure et m'apercois qu'il est 3h40, soit 20 minutes a attendre avant le depart.

TOUT VA BIEN...

Je bavarde un peu avec les deux allemandes qui etaient dans le meme bus que moi hier. A 4h, commencent a apparaitre des hordes d'occidentaux. Je ne sais vraiment pas d'ou ils sortent car hier soir quand je suis alle me coucher (bon, certes, a 19h...), il n'y avait que les filles, Massimo, Isabella, quelques locaux et moi (explication obtenue par la suite : il s'agit des touristes amenes par le shuttle bus direct de Yogyakarta, il sont partis la veille a 7h et arrives a 20h30). On monte dans une jeep avec les allemandes, nous rejoignent deux retraites francais, un Alsacien et un Nicois qui voyagent ensemble et une autre allemande, la quarantaine.

Nous partons dans le noir pour un des plus superbes levers de soleil qu'il m'ait ete donne de voir dans ma vie...enfin, en 2004 lors de mon premier voyage en Indonesie parce qu'aujourd'hui, on est dans un epais nuage et la seule image de lever de soleil que l'on verra, c'est celle-ci :

Sulawesi_047

Alors, pour ceux qui penseraient que le Bromo, c'est ce cone parfait au premier plan qui ressemble tant a un volcan, vous avez tout faux ! Le cone, c'est le mont Batok, un volcan eteint. Le Bromo c'est le trou a sa gauche qui ressemble a une baignoire qui fume. Et au fond, on voit le Semeru, le plus haut vocan de Java, encore tres tres tres actif !

Je retrouve Massimo et Isabela qui ont pris l'option "on monte au point de vue a pied a 3 heures du mat et a jeun". Isabela est tres pale et epuisee et le brouillard n'arrange rien. Decus on s'arrete quelques minutes pour prendre un the au gingembre delicieusement sucre et chaud puis on entame la descente vers le cratere du Bromo. Le nuage se dissipe et on peut enfin commencer a prendre quelques jolies photos du paysage.

Sulawesi_050Apres une vingtaine de minutes, on arrive au point de depart de l'ascension du Bromo ou nous attendent une centaine de Cemoro Lawangais avec des chevaux. Chaque touriste reagit en fonction de sa nationalite : les asiatiques ne se posent meme pas de question et prennent un cheval immediatement ; il n'est meme pas question qu'ils marchent (ils ne le font pas ou ils habitent, pas de raison de le faire a la montagne !).
Les occidentaux commencent tous a pied, puis certains craquent et prennent un cheval, d'autant que plus on se rapproche du cratere, plus les prix baissent : de 60.000 au point d'arret des jeeps, ils passent a 30.000 apres le temple indou, 20.000 apres la premiere montee et 10.000 a 200 metres des escaliers.
Je ne craque pas. En effet, il est plus facile de prendre des photos a pied qu'a cheval. Et pourtant, laSulawesi_052 montee est epuisante, a moitie dans le sable qui glisse sous les chaussures.
En haut, on est recompenses par les vapeurs de souffre qui vous fouettent le visage !

On revient a pied lentement puis on reprend la jeep pour rentrer a l'hotel ou nous attend un petit dejeuner copieux (record du 100 metres en montee, cette fois-ci, j'ai perdu 2 kilos en 5 jours...).

Le reste de la journee se passe en ballades, sieste, admiration du paysage.

A 17h, apparait Easy Rider avec sa guitare sur sa moto antique. Un occidental, la quarantaine, aux cheveux longs et un  peu crades. Il debarque et semble connaitre tout le monde. Il bavarde en bahasa indonesia avec la kyrielle de vendeux de bonnets et autres tee-shirts, il sort sa guitare et commence a jouer un blues extraordinaire, magnifie par la grandeur du paysage. Les indonesiens l'accompagnent en chantant. Isabela me rejoint et on partage un the et des biscuits au chocolat en bavardant et plaisantant avec eux. Bref une bonne soiree. On se dit au revoir car je me leve tot demain.