Ce matin on se lève tôt.
La pluie a cesse et il y a un beau ciel mi bleu mi nuageux.
Après le petit déjeuner (la même chose que d'habitude...) On va faire un peu de tir a l'arc mongol. Pour plaisanter je fais mine de tirer sur le cheval, Batsegseg fait semblant d'être effrayée et me dit "Horse no, kill
the dog !". Après un grand fou rire, on continue nos exercices de tir puis on décide d'aller se balader sur la colline surplombant tout le panorama.1_Mongolie_Juin_2008_173

Je décide de continuer mon chemin pour prendre des photos d'un Ovoo que j'ai vu hier. Celui-ci est assez impressionnant. Il s'agit d'un monument sacre censé protéger les voyageurs. La coutume veut qu'un voyageur passant près d'un Ovoo en fasse trois fois le tour en priant et rajoute une pierre a sa base ou, une écharpe turquoise (couleur censée être favorable) ou un drapeau de prière a sa base sur sa hampe.

Les photos prises, je retourne a la yourte ou m'attendent Lisa et le déjeuner, des brioches a la vapeur délicieuses.
Après déjeuner, Batsegseg nous montre comment faire un bouton mongol en tissus en entremêlant une même bande de tissus. C'est assez complique donc je tente de prendre des photos de chaque étape (mais j'échoue, ce qui explique l'absence de photo...).
Mongolie_Juin_2008_163Puis nous partons en char a boeuf pour le dernier camps qui se trouve a 13km, soit plus de 3 heures de trajet.Batsegseg nous fait conduire le char à boeuf, l'une d'entre nous étant chargée de "motiver" le boeuf grâce à une branche (je n'explique pas comment, sinon la SPA risque de débarquer dans mon salon mais je souhaiterais préciser pour ma défense que Lisa est bien meilleure et "efficace" que moi dans la motivation bovine par la branche d'arbre...).

Un orage nous suit de près et nous souhaitons monter les tentes avant que la pluie ne détrempe le sol.
Nous traversons des paysages verdoyants ou s'ébattent des chevaux parfois superbes. Ce n'est pas étonnant car cette région est connue pour être une usine a champions pour le Nadaam.

Après trois heures nous arrivons au prochain camps. Nous sommes accueillis par Urna, l'épouse de notre hote. Celui-ci est a Ulaan Baatar et doit revenir par le dernier bus. Enfin, si la rivière le permet car celle-ci est en crue a cause des pluies des trois derniers jours.

On monte vite les tentes avant que la pluie ne commence a tomber puis nous allons prendre un thé au lait et des bortzog (les plus atroces des deux dernières semaines, je dois avouer)  dans la yourte de Urna. Une des plus belles yourtes queMongolie_Juin_2008_197 j'ai vu depuis que je suis en Mongolie, toutes les armatures en bois orange sont décorées de fleurs peintes tres délicates :
Cette dernière a appris le russe étant a l'école (elle l'a étudié durant 10 ans) et même si son russe est plutôt rouillé, il revient vite et du coup on peut avoir un vrai dialogue avec elle (Lisa sympa assure la traduction pour mes questions et l'ensemble de ce que peut nous dire Urna). On apprends ainsi que les terrains sont concédés durant une période de 60 ans renouvelable aux familles qui les habitent. Que les familles
anciennement arrivée ont la primauté sur leur terrain. Que c'est la même chose pour le terrain d'été et le terrain d'hiver. Qu'il y a une sorte de cadastre qui recense les occupants de chaque terrain.
On comprends également que le bétail a le droit d'aller paître ou bon lui semble et donc que l'identité de l'occupant du terrain ne joue pas sur cet aspect.
Il n'y a pas de litige a propos de terrains d'après Urna. On lui pose également des questions sur les personnes que l'on a rencontrées. Notamment je ne comprends pas pourquoi il y a tant d'hommes
jeunes non maries (alors qu'en général les femmes se marient a 18 ans et les hommes vers 20 ans). Or, les frères cadets de Tchouka ainsi que ceux de Boggi sont célibataires et vivent avec leurs familles.Mongolie_Juin_2008_195___Copy
J'ai une théorie sur le fait que les aines héritant du troupeaux de leurs parents, les fils cadets se retrouvant sans biens, ils ne trouvent pas d'épouse.
Yura démoli ma petite théorie. Elle nous explique qu'en fait, la plupart des jeunes filles de la région sont parties pour UB afin d'étudier et du coup y sont restées pour travailler. Du coup il y a plus d'hommes que de femmes dans la région.

On va traire les vaches et je m'en met partout, je suis couverte de longs poils blancs.
Après la traite, on va dîner puis on se couche. Il pleut des cordes et la rivière est en crue a cause des pluies des derniers jours et bien entendu, on a plante nos tentes a 10 mètres de celle-ci.
LA chose a ne pas faire lorsqu'on campe. Bref, on s'endort pas très rassurées, et je me reveille a plusieur reprises en pleine nuit afin de vérifier que la riviere ne monte pas plus et qu'il n'y a pas de risque que nos tentes soient emportées.